« Constitution pérenne » du RCD : La convention régionale s’est tenue aujourd’hui

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Economistes, médecins, juristes, sociologues, historiens, enseignants universitaires, chercheurs, représentants du mouvement associatif et de la société civile, Moudjahidines et autres personnalités du monde culturel et artistique ont répondu à l’invitation du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), rendez-vous fixé à la salle des sports du lycée du 20 Août I956 de Tizi-Wezzu, pour suggérer et débattre des « Propositions pour une constitution pérenne ».

Ce projet constitutionnel, devons-nous rappeler, constitue depuis plusieurs mois déjà le cheval de bataille du parti de Mohcine Bellabès. Le document de 13 pages élaboré déjà par la cellule de réflexion du RCD a été, hier, l’occasion pour les participants à cette rencontre considérée comme « historique » de le débattre.

Les interventions ont été nombreuses. Cependant, trois triptyques sont souvent revenus de la part des intervenants : « amazighité, arabité et islamité » – « amazighité, arabité et laïcité » – « laïcité, algériannité et africanité ». Les partisans de la laïcité se sont montrés plus nombreux que ceux de l’islamité. Avec des arguments scientifiques à l’appui, les intervenants tels que l’officier de l’ALN et chercheur, Si Ouali Aït-Ahmed et l’expert en informatique et enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Wezzu, Mohamed-Larbi Tayeb, ont « démontré » que l’Algérie a, depuis des millénaires, toujours été laïque et de par leur mentalité et leur mode sociologique et politique, les Algériens, qui majoritairement d’origine amazighe, sont laïcs. Si Ouali Aït-Ahmed ira jusqu’à contester le concept de « l’islam est religion d’Etat » lequel concept est d’ailleurs consacré par la constitution algérienne. « La religion est privée ; elle ne peut être reconnue comme « mienne » que par une personnalité physique. L’Etat qui est en revanche une personnalité morale ne peut par conséquent se targuer de posséder une religion », a clamé le chercheur en histoire, Si Ouali Aït-Ahmed.
C’est pourquoi, cet intervenant a suggéré un autre triptyque en l’occurrence « laïcité, citoyenneté et africanité ». C’est également Si-Ouali Aït-Ahmed qui a déclaré que 99,99% des Algériens sont d’origine amazighe.

Pour sa part, Mohamed-Larbi Tayeb qui est adepte et fin connaisseur de l’histoire du peuple algérien remontera à l’époque d’avant notre ère où il citera Zarathoustra et Platon. C’est ce dernier qui, selon l’intervenant, a affirmé que la construction d’un Etat dépend fondamentalement d’une constitution pérenne.
Et de fil en aiguille, Mohamed-Larbi Tayeb mettra en avant des arguments selon lesquels la science était au rendez-vous en terre amazighe au moment où en Europe, l’inquisition frappait de prohibition toute initiative scientifique. « La seule université qui assurait des cours scientifiques pendant que l’église sévissait avec son inquisition était celle des Hammadites », a indiqué cet expert en informatique.

A l’issue de ce passage historique, Mohamed-Tayeb larbi citera le nom du savant berbère, M’hand Oudriss, qui n’arrêtait pas de prôner le principe de la laïcité. « De même, de par la diversité culturelle et linguistique des habitants d’Algérie, le territoire algérien est constitué de peuples », a plaidé avec véhémence cet enseignant de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Wezzu.

Des nombreuses autres interventions, il y a lieu de retenir également la suggestion faite quant à la primauté du civile sur le militaire. Notons enfin que l’ouverture des travaux a été traduite par l’intervention du modérateur de la séance, Akli Aït-Aïder. Pour sa part, le célèbre juriste, Me Hakim Saheb, a lu et explicité, point par point, le contenu du document contenant les propositions pour constitution pérenne.

Saïd Tissegouine

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