Tizi-Ouzou : le maquisard Boussâd Kaci n’est plus

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HOMMAGE (Tamurt) – La famille des maquisards est en deuil suite à la perte cruelle d’un des siens, en l’occurrence Boussaâd Kaci appelé par les intimes « Dda Boussâd ». Dda Boussâd est décédé paisiblement et entouré des siens, avant-hier, dans son domicile, sis à Anar Amellal, Nouvelle Ville de Tizi-Ouzou à l’âge de 80 ans. Son enterrement a eu lieu hier au cimetière de M’douha après la prière du Dohr.

C’est une foule nombreuse qui a accompagné le défunt – en guise d’hommage – à sa dernière demeure. Parmi cette foule, ont figuré de nombreux maquisards et personnalités nationales. C’est le cas de l’ancien chef du gouvernement, Bélaïd Abdeslam. C’est le cas également de certaines figures de proue du mouvement citoyen des aârchs, à l’instar de Bélaïd Abrika. Des cadres et militants des partis politiques ont tenu également à rendre le dernier hommage à l’homme qui a embrassé le Front de Libération Nationale (FLN) dès la naissance de celui-ci en 1954.

Le maquisard Boussâd Kaci est né en 1933 au village d’Ighil Bouamas dans la commune d’Iboudrarène (Tizi-Ouzou). Comme tous les Algériens nés durant l’occupation coloniale, Dda Boussâd a connu la misère et l’ordre injuste imposé par colonialisme français. C’est pourquoi, dès que le FLN a sonné le tocsin en cette journée du 1er novembre 1954, Boussâd Kaci, alors âgé de 21 ans, a répondu présent pour l’accomplissement du devoir national.

Après l’indépendance, Dda Boussâd, éreinté par les années de guerre, préféra retrouver la paisible vie civile. Il préféra quitter les rudes montagnes d’Iboudrarène pour s’installer dans la ville de Tizi-Ouzou, plus exactement au quartier des Genêts.

L’Etat algérien, qui venait juste de naître, lui attribua un logement social dans l’un des bâtiments des Genêts, dont la construction venait juste de s’achever. Au printemps 2001, Da Boussaâd, qui venait d’avoir 68 ans, s’impliqua avec ses enfants corps et âme dans l’opération d’arrêt de l’effusion de sang. En dépit de son âge assez avancé, le Moudjahid Boussâd Kaci ne rata aucune réunion des aârchs, ce qui n’était surtout pas une sinécure. Pour son engagement inconditionnel dans ce mouvement citoyen et son franc parler, devenu à présent légendaire, Dda Boussâd a joui du plus grand respect de l’ensemble des délégués des aârchs. Feu Dda Boussâd avait aussi deux qualités incontestables : la générosité et la discrétion.

Oui, le défunt avait la main sur le cœur. Il lui arrivait même d’acheter des moutons pour les familles démunies à l’approche de l’aïd El Kébir.

Saïd Tissegouine

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