Mohand Haroun : symbole de lutte pour le respect de la dignité humaine

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HOMMAGE (Tamurt) – Dix-sept ans après sa mort, l’ombre de Mohand Harroun plane toujours. Il n’est pas erroné de dire que le défunt, mêlé à l’affaire « des poseurs de bombes », est considéré aujourd’hui comme le symbole de la lutte pour le respect de la dignité humaine. Et pour dire vrai, c’est son camarade de lutte et co-détenu, H’cène Cherrifi, qui a réussi à faire sortir le nom de Mohand Ouharoun de l’anonymat en multipliant des conférences sur ce dossier « les poseurs de bombes » qui, durant des années, était mis sous les boisseaux.

En cette journée du vendredi, 14 juin 2013, et sur initiative de l’association culturelle « Agraw n’Chemini », H’cène Cherifi a, encore une fois, mis sa contribution au profit de la jeunesse kabyle, en animant une conférence sur « l’affaire des poseurs de bombes » au niveau de l’espace de la maison de jeunes de Chemini.

Le conférencier avait également à ses côtés, le journaliste et militant de la cause amazighe, Kamel Zirem, et un certain Smaïl. Kamel Zirem a développé le thème portant sur « la crise berbère de 1949 ». Quant à Smaïl, il a parlé sur la réinsertion sociale de Mohand Ouharoun après sa sortie de prison en 1987. En ce qui le concerne, H’cène Chérifi a « épluché » le dossier portant « affaire des poseurs de bombes » et mis en avant l’enfer carcéral de Berrouaguia et Lambèse dans lequel ont vécu Mohand Harroun et ses camarades pendant onze ans et demi. « Le cimetière des vivants », dixit de feu Mohand Haroun à propos des conditions carcérales de Lambèse, selon H’cène Chérifi.

L’assistance était nombreuse à cette conférence. Il y avait également beaucoup de femmes. En ce qui le concerne, le président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), M. Ferhat M’henni, est intervenu par voie téléphonique habituelle pour apporter son témoignage sur feu Mohand Haroun. Le président du GPK affirmera avoir connu le défunt à l’université d’Alger lorsqu’ils étaient des étudiants et ajoutera l’avoir retrouvé à la prison de Lambèse. D’ailleurs, Smaïl Medjber, un autre militant de la cause berbère qui a été mêlé à l’affaire des « poseurs de bombes » et connu l’enfer de Lambèse, a bien signalé ce passage dans son livre intitulé « La Grande Poubelle ». En somme, le témoignage de Ferhat M’henni a corroboré celui de Smaïl Medjber et celui des autres authentiques acteurs du combat pour la reconnaissance du droit à l’existence du peuple kabyle. Le mensonge et l’erreur viennent toujours de ceux qui n’ont jamais levé le petit doigt ou eu la moindre égratignure pour cette Kabylie ou cette Algérie. C’est le cas, hélas, de ces pseudo-militants du FFS qui ont cru pouvoir jeter le trouble et le doute dans le témoignage de H’cène Chérifi. Un de ces militants dont l’engagement militant a juste consisté à avoir une carte de militant dans la poche de son veston s’est adressé en ces termes au conférencier qui n’a pas manqué de déclarer son appartenance à la famille militante et patriotique du MAK dès le début de sa conférence : « {Est-ce que vous étiez au FFS au cours de cette décennie 1970 ?} ». L’intervenant, nourri par des arrières pensées, et, surtout, peu informé sur l’histoire du FFS et, par conséquent, ne partage aucunement les idéaux du FFS, ne savait qu’il aura fallu attendre l’année 1978 pour voir le re-lancement des activités du parti par un jeune groupe d’universitaires qui a inscrit sur le registre de revendications la question berbère. Et il ne sait pas non plus qu’en cette année 1978, H’cène Chérifi, feu Mohand Harroun et tant d’autres camarades subissaient encore l’enfer carcéral. Dans sa réponse, H’cène Chérifi a démontré que non seulement il maîtrisait mieux que l’intervenant le dossier FFS mais aussi qu’il respectait et qu’il continue de respecter beaucoup plus que lui ce parti.

Said Tissegouine pour Tamurt

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