Maquis de Kabylie – Maquis de Kabylie à nouveau infesté de « terroristes » : Pour quel enjeu ?

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Les maquis de Kabylie sont à nouveau infestés de « terroristes ». Nos lecteurs et lectrices remarqueront que le mot « terroristes » est mis bel et bien entre guillemets ; ce qu’ils doivent comprendre donc que faute de maîtrise du dossier sécuritaire de notre part d’un côté et de l’autre, notre interprétation dans son sens purement académique du mot « terroriste » qui signifie « personne utilisant la violence à des fins politiques », que nous souhaiterions mettre les mots « groupes armés ». A chacun donc son interprétation ! Cette difficulté à identifier ces groupes armés et à connaître leurs motivations et leurs missions exactes suscite dès lors les questions que voici : qui sont donc ces groupes armés ?

A combien sont-ils exactement dans les espaces de Kabylie ?

Qui sont leurs chefs suprêmes ?

Quelle est leur mission sur le terrain ?

Pour combien de temps seront-ils sur le terrain kabyle ?

Pourquoi est-ce que leur nombre exorbitant contredit d’une façon si flagrante les chiffres avancés par le gouvernement algérien ?

Les Algériens en général, les Kabyles en particulier, auront remarqué – à force que la chose se répète – que la forte présence « terroriste » en Kabylie est signalée à chaque fois qu’un grand rendez-vous politique se dessine à l’horizon. Les élections présidentielles algériennes d’avril 2014 en est un. Est-ce seulement cela pour cette fois-ci ?

Tout nous donne la légitimité de penser que non. La Kabylie, par son action du 3 août 2013 à Tizi-Ouzou, et qui a attiré une attention particulière de l’ensemble de la communauté internationale peut être aussi à l’origine de cette présence massive de « terroristes » sur son territoire.

D’autres raisons, profondément endogènes, peuvent être aussi à l’origine de ce redéploiement « terroriste » en Kabylie. La question pertinente se pose alors ainsi : Pour quel enjeu ?

La bonne réponse est difficile à donner de la part de quelqu’un ne possédant des données fiables concernant cette question. Cependant, une chose est sûre : Ces « terroristes » dont la présence est signalée par plusieurs citoyens et en plusieurs endroits n’ont ni la démarche ni le comportement de terroristes tels que définis par les académiciens. Ce qui est certain aussi, c’est que vu la facilité de recrutement de ces « terroristes », leurs recruteurs ne peuvent être que des Algériens et il va sans dire que ce sont des hiérarques.

Le recrutement d’un homme avec mission de terroriser, son armement, son hébergement et son salaire ne peuvent être de la compétence d’un sans domicile fixe ou d’un bélître. La voix officielle d’Alger n’arrête pas de seriner que ces « terroristes » appartiennent à El QUAÏDA. A force de seriner justement cette thèse, personne ne croit son auteur (Alger). Et
avec ce qui se passe au Mali (conflit opposant les Touaregs au régime corrompu de Bamako et aux troupes militaires françaises d’occupation) et les soulèvements répétitifs des populations du Sud algérien, lesquels soulèvements sont motivés par leur demande d’autonomie régionale, tout plaide pour la thèse selon laquelle EL QUAÏDA serait totalement étrangère à la forte présence « terroriste » en Kabylie.

Même les événements de Tunisie ne peuvent assurer une corrélation avec ces terroristes de la 25e heure. Est-ce alors l’autodétermination du peuple kabyle qui en serait la cause ?

Si c’est oui, c’est l’Etat algérien qui serait alors responsable de cette présence « terroriste » dans les maquis de Kabylie.

Il reste une autre thèse mais difficilement défendable, à savoir le retour des gendarmes en Kabylie. Ce corps de sécurité est bel et bien présent en Kabylie.

L’Etat algérien peut invoquer une multitude de raisons pour imposer le redéploiement des gendarmes en Kabylie. Il n’a donc pas besoin de prendre le risque de se faire sanctionner par l’ONU. Le redéploiement de « terroristes » en Kabylie semble bien mériter le risque encouru. Qu’est-ce qui vaut donc ce risque ? Et si la bonne réponse est, rappelons-le, difficile à trouver, n’empêche que le peuple kabyle en directement concerné.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine

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