Liberté de conscience

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Une Religion ou une non-religion est une conscience quelle que soit sa taille, son importance numérique ou sa qualité. De ce fait, les musulmans, les chrétiens, les juifs et les autres se valent en dignité et respect.

Donc sur quelle base religieuse, éthique ou autre se fondent certains musulmans pour affirmer devant Dieu que leur conscience est supérieur aux autres consciences afin d’exiger des autres qu’ils doivent les « respecter » et de ne pas manger devant ceux qui font le Ramadhan?

Autrement dit, les musulmans édictent manu militari aux non musulmans de se soumettre à leurs règles religieuses à savoir observer le Ramadhan et ses préceptes.

La liberté de conscience nous permet de croire ou de ne pas. A partir de ce principe, il est difficile de comprendre que certains musulmans se permettent de fermer tous les restaurants et toutes les cafétérias et autres bistrots pendant le mois de Ramadhan.

Cela s’appelle une inquisition en fait et en acte d’autant plus que ni les autorités religieuses islamiques, fussent-elles modérées, ni les autorités publiques civiles ne soufflent un traitre mot sur cette situation étouffante des libertés et des droits d’autrui. Faut-il rappeler que toute personne a le droit d’embrasser la religion de son choix ou de rester agnostique. l’Etat a pour devoir de le protéger, le défendre, auquel cas, lui rendre justice et sanctionner toute personne qui tenterait de violer sa sacro-sainte liberté de conscience.

Si l’Etat refuse de protéger une personne qui exerce sa liberté cela voudrait dire que cet Etat est absent ou profite de cette dualité à des fins obscures.
Un Etat de droit veille à la coexistence pacifique des consciences. Ainsi l’individu est soumet à l’épreuve de sa foi face aux désirs et plaisirs de la vie d’autant plus que les valeurs d’une société s’agrandissent par les expériences du respect réciproque de chacune des consciences en présence envers les autres.

Le Pays kabyle est dans des conditions historiques, anthropologiques, sociologiques de réaliser la coexistence des consciences de par son histoire séculière, sa diversité des opinions respectueuses de toutes les libertés démocratiques et laïques pour peu qu’il accède à un statut d’Etat souverain en se libérant du pouvoir algérien qui l’opprime. La Kabylie qui aspire à sa souveraineté par des voies pacifiques et démocratiques loin de toutes pratiques violant.

L’Etat kabyle reste donc la clef de voûte pour solutionner l’obstacle épistémologique qui empêche l’épanouissement du peuple kabyle d’aller dans le sens de sa libération et rentrer définitivement dans l’étape historique de son aggiornamento politique, culturel, socio-économique, scientifique et dans tous les autres domaines nécessaires à son développement transversal. C’est pour quoi ; il appartient donc aux Kabyles de dépasser les querelles afin de transcender les « partisanneries » sclérosantes.

C’est le prix pour réaliser le dépassement de soi et d’aller envers leur peuple pour réajuster le débat public en faveur d’un Etat kabyle et sortir de la quadrature du cercle du joug arabo-islamiste, qui nous impose un régime théocratique génocidaire. Ainsi l’Etat kabyle garantira les libertés fondamentales, toute sa dignité et sa prospérité.

Par Hocine Azem

secrétaire national aux relations international du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK)

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