Nouh Abedellah, la société Mozabite recherche sa reconnaissance.

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MZAB (Tamurt) – Pour comprendre la structure sociopolitique et anthropologique de la société Mozabite, il faut sortir des clichés et des stéréotypes portés sur cette société, qu’on voulait condamner aux intolérants. Nouh Abedellah, universitaire et enseignant de la langue Mzab à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a été invité, jeudi matin 05/09/2013, pour un entretien afin d’expliquer cette structure sociopolitique Mozabite. Une manière de combattre les idées reçues.

Qu’est ce que une société Mozabite, à votre sens ?

« La société Mozabite représente une communauté religieuse et linguistique, elle est doublement minorisée, politiquement et socialement. Elle a son système d’organisation qui n’est pas reconnue par le droit officiel, conçu par l’idée jacobine ».

Du moment que vous parlez d’un système organisationnel Mozabite, propre, quel est ce système, comment est-il constitué ?

« La société Mouzabite a une organisation tribale, organisée en cité. Chaque cité est organisée en famille, clans, puis âarche. Aussi cette organisation est en symbiose avec l’organisation religieuse, inespérée de la philosophie Ibadite (Imana). ».

En quelques mots, qu’est ce que la Imana ? Est-ce que elle est reconnue par l’Etat ?

« La « Imana », c’est la gouvernance basée sur la « Choura» et la démocratie. Pour ainsi dire il y a un particularisme ethnoculturel, linguistique et religieux, qui n’est pas admis et reconnu, en tant que tel. Il y a un problème de diversité, cette diversité elle-même n’est pas reconnue par l’état, qui a fait que cette intolérance institutionnelle est reproduite au bas de la société en conflit et exclusion de l’un à l’autre ».

En dehors de cette différence culturelle et religieuse, y-a-t-il d’autres problèmes qui touchent la vie sociale d’un Mzabe, tel que le chômage ?

« OUI ! Il y a aussi un problème réel et objectif que vit la communauté Mozabite, tel que « l’occupation du foncier, par les fractions non Mozabites. Un autre problème crucial, la communauté Mozabite est exclue dans la fonction publique. Enfin, au fond, il y a une communauté qui recherche sa reconnaissance, et la reconnaissance de sa déférence par l’état. »

8 COMMENTAIRES

  1. Chez Les At Mzab (Mozabites), la valeur islam est prépondérante. Ils s’identifient d’abord comme musulmans (de rite ibadite issu d’un schisme religieux kahrédjite) avant de s’identifier comme Berbères. Même s’ils ne sont pas prosélytes (comparés à leur ennemis sunnites) , il n’en demeure pas moins que leur organisation socio-politique est basée sur l’islam (rigoriste) et rien que sur cela.

    Donc, choura ou pas choura, ils ne peuvent pas sortir de l’auberge de l’islam. La démocratie telle qu’on la conçoit aujourd’hui n’est pas leur aspiration.

    Enfin je les aime quand même en tant que Berbères.

    • Quelle est la place de la femme mozabite dans la Cité? Est-ce que les filles mozabites vont à l’école, est-ce que elles vont à l’université? Pourquoi les Mozabite sont exclus de la fonction publique?

      L’INTERVIEW est trop courte ET LE SUJET EST TELLEMENT INTÉRESSANT!

      {{Quelles affinités y a t-il entre les Kabyles et les Mozabites?
      Est-ce que les jeunes mozabites émigrent à l’étranger?
      Est-ce les jeunes mozabites draguent les filles? Vont sur Internet?}}

      • BonneS questionS!!
        Passons pour la femme…
        Mais la société dite Mozabite, ne s’est-elle pas exclue par elle-même de la SOCIETE? Et de la sorte de la fonction publique?!

  2. « La « Imana », c’est la gouvernance basée sur la « Choura »

    Comprendra qui pourra.. Une drôle explication que le journaliste relève pas.

    C’EST QUOI LA CHOURA?

    • C’est la charia islamique. Ou est le probleme ?
      Ies gens sont libres de vivre ou ne pas vivre comme bon leur semble, dans leur espace, non ?

      La societe’ Kabyle est structure’e d’une facon similaire, a l’exception, qu’il n’y a pas de dominance d’une croyance, et l’individu est est un citoyen a part entiere, des qu’il sort de la dependance materielle (foyer) paternel. En d’autre termes, le DROIT d’OPINION dans l’ASSEMBLE’E de VILLAGE, est acquis au sein de la fiamille, et dans le village, des le moment ou on s’asume, completement.

      Ce droit droit de parole implique une liberation intellectuel et psychologique (morale et sociale) du patriarch (pere de la famille). La separation des interets s’accompagne de celle des ide’es. C’est ce qui cree forcemment des divergeances et la diversite – sans que cela n’implique une absence de cooperation, bien au contraire, celle-ci(cooperation) devient reelle et productive, car elle est base’e sur des interets reels et disstincts, et non pas fictifs, c.a.d impose’s par la dominance des uns sur les autres (fausses unions). Cela, en fait, est visible a l’interieur du couple-fondateur-meme, par la separation nominale (en principe) des biens et responsabilit’es, droits et devoirs.

      Dans un marriage Kabyle, la femme rejoint son mari avec son capital, c.a.d. comme un investisseur a part entiere dans la nouvelle venture – sa dote, qui est son interet dans sa famille natale. Elle est independante et prete a produire et a devenir productrice de biens par son travail et de moyens (enfants) des son arrive’e. Elle prend la responsabilite’ de son mari et de son espace vital. Elle est aussi utile a son mari qu’il lui est. A moins d’adultere, il n’est donne’ de dominer sa femme, du tout. La societe’ Kabyle a une culture de conflits entre mere et belle-fille (d’interet) qui necessairement aboutit dans l’emergence d’un nouveau couple au sein de la famille au sens large. Mais ces conflits ne sont pas des guerres, c’est des phases de transition, de reconnaissance des droits des unes et des autres. Il en est de meme du cote’ masculin.

      Cependant, cette dynamique s’est normalise’e au fil du temps, pour donner ce qui est connu comme la culture Kabyle, sans besoin ni de police, ni de tribunaux a chaque coin de rue, ou meme de clotures, etc. seaparation physique… bien au contraire, la tradition d’entre-aide, demontre qu’il y a une intelligeance de cooperation, de laquelle se sont develope’ les traditions Kabyles, entre autre l’assemble’e de village ou de l’aarch, qui se reunit pour traiter de sujets communs (c.a.d. espace commun) plutot que de la gestion et normes de vies prive’es, qui demeure comme espace prive’ inviolable. Une laicite’, c.a.d. absence d’une autorite’ morale centrale, qui s’est develope’ de 2 choses: La realite’ de la vie, et le respect et la reconnaissance de l’espace individuel tant physique que moral.

      Comme consequence, les divers etrangers venus dans les environs pour coloniser, soient-ils turcs, francais ou le regime algerien n’ont jamais pu neutraliser la societe’ Kabyle en neutralisant sa tete pensante, car il y a autant de tete que de personnes. Cela est d’actualite’ aujourd’hui-meme. Le regime normalise les « partiss politiques », controle les zaouias, mais pas la societe’ !

      {{Vive la Kabylie Laique et Libre !}}

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