Le droit de porter sa robe kabyle

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CONTRIBUTION (Tamurt) – C’est en avril 2013 que le surveillant général du lycée Khatri Omar de Leqser apostropha une jeune lycéenne pour lui signifier que désormais elle ne devrait plus pénétrer dans l’enceinte de l’école parée de sa robe kabyle. La jeune fille qui a bien la tête sur ses épaules lui répondit qu’il était tout à fait de son droit de porter sa robe quand elle le voulait. Des amies, ensuite de nombreuses autre lycéennes, scandalisées par un tel affront se sont jointes à la jeune femme pour exprimer leur mécontentement et leur attachement à ce qui fait partie de leur culture et identité. Toutes parées de leurs plus belles robes kabyles, elles ont défilé dans Leqser et se sont rendu en classe en signe de protestation.

Quelle leçon de civisme ces jeunes femmes de Leqser ont donné à ce surveillant général serviteur du système arabo-islamiste anti-kabyle ! Mieux c’est une leçon de civisme non seulement au système en place mais à nous tous kabyles qui parfois subissons sans broncher. A la lecture d’un article rapportant les faits sur le site www.tamurt.info nous avons été nombreux, j’en suis sur, à avoir ce sentiment de bien être que l’on ressent à l’issue d’une chose bien accomplie.

Nous avons étudié en Kabylie et nous avons toujours porté nos burnous et nos robes kabyles sans que qui que ce soit nous fasse une remarque. Il n’y a pas de loi définissant le type d’accoutrements permis dans l’école algérienne, ce qui est tout à fait normal. Dans les années 80, l’Algérie commença à côtoyer l’islam radical et partout à Alger les tenues afghanes faisaient partie du paysage et aucun professeur ou administrateur n’osait les critiquer. Ce sont pourtant des tenues étrangères à l’Afrique du Nord. Mais surtout, elles exprimaient une religiosité radicale dans une école qui aurait du être laïque, ou du moins que nous Kabyles avons toujours voulu laïque. Mais les robes afghanes étaient bien tolérées !

Si porter sa religion est un droit dans certains pays (les Etats-Unis par exemple), elle l’est sur la base de la liberté d’expression et de culte. Mais s’il est permis aux uns de s’exprimer librement et de croire à n’importe quel dieu, la séparation du religieux du politique fait partie de la loi fondamentale du pays et au citoyen aucune religion ou croyance n’est imposée. Il en découle ainsi que l’école n’enseigne aucune religion. Dans de rares pays tels que la France où la laïcité est une valeur importante à la république, tout symbole religieux est interdit dans l’enceinte de l’école publique. Ce qui se défend bien sûr car le contribuable non-religieux qui envoie son enfant à l’école ne désire pas que celui-ci subisse les influences des religieux.

Alors comment expliquer que des tenues religieuses et afghanes soient permises et la robe kabyle qui n’est symbole d’aucune religion et ne fait offense à personne ne l’est pas. Certes la tentative d’interdiction au lycée de Leqser est un cas isolé, et œuvre d’un serviteur zélé, mais pour peu que cette tentative ait réussi, d’autres lycées auraient suivi, car les kabyles de service sont nombreux et ils feront vite d’appliquer cette nouvelle règle pour se remplir les poches ou se frayer un chemin vers les sphères supérieures de la hiérarchie qui ronge l’Algérie. Car, comme dit plus haut, l’Algérie est un pays de non droit, c’est à dire des lois existent mais ne sont pas appliquées ou s’appliquent seulement à certains, et en même temps des lois qui n’existent pas sont inventées de toutes pièces et sont généralement appliquées avec hargne dans un but politique ou pécuniaire. D’ailleurs l’affaire n’est pas finie. Il peut arriver pire, c’est à dire qu’une vraie loi contre la robe kabyle soit adoptée par décret du ministère de l’éducation ou sous ordre de son altesse d’Elmouradia. Et la vraie raison dans tout cela ? Et bien c’est simple, la robe kabyle exprime la kabylité, ce qui est inacceptable dans une Algérie arabo-islamiste anti-kabyle. Cette Algérie a en effet comme objectif de la supprimer et de mettre sur un piédestal l’arabité et l’islamité même si celles-ci venaient de Mars. Autrement ce surveillant général aurait été rappelé à l’ordre par son académie ou ministère de tutelle.

La jeune femme de Leqser et ses amies avec un geste aussi simple que de porter leurs robes kabyles ont réaffirmé cette évidence qui aurait du être claire comme eau de roche dans l’esprit d’une personne plus âgée, plus éduquée et de surcroit supposée donner l’exemple. Elles ont rappelé aux kabyles que chaque jour et chaque action comptent pour notre peuple guetté par une disparition programmée par un système haineux et diabolique.

Le geste de notre compatriote kabyle et de ses amies a touché plus d’un outre Atlantique dont un petit groupe de kabyles établis aux Etats-Unis. A son geste de défense de sa dignité, ils ont répondu par un geste de reconnaissance. Ainsi pour la remercier, ils lui ont offert une tablette iPad tout en lui souhaitant beaucoup de succès dans ses études. Geste de reconnaissance qui se veut un encouragement à tous les kabyles pour rester debout et refuser le dictat et le reniement. C’est aussi un geste qui appelle les kabyles à soutenir leurs frères et sœurs qui se battent contre un système qui a décidé d’en finir avec la Kabylie libre et rebelle. Merci à nos jeunes femmes kabyles de Leqser d’avoir défendu la dignité de tous les kabyles.

Hsen Larbi

USA

13 COMMENTAIRES

  1. Si ce « surgé »n’ a pas rougi à la bravade de notre fierté juvénile c’ est que son visage de renégat porte le sceau de l’infamie .

  2. Voila pourquoi je ne peux plus vivre en dehors des USA, et un petit nombre d’autres pays – Je me retrouverais en guerre permaanante, de jour comme de nuit. En fait, c’est pour cela que j’ai quitte’ alger, et paris apres – De peur de devenir plusieurs fois criminel. Ce cafard, m’aurait rencontre’ et serait retourne’ dans sa trou de cafard. Combien de lecons de morale, ou est des lecons de cafardise, que j’ai recu de tant de monde, il ne me restait plus qu’a partir. Je ne peux etaler mes pense’es ici, sans m’incriminer, alors je me tais et rend homage a ces demoiselles, Si jamais je rentrais dans ce pays de merde, je la porterais cette robe !

  3. le geste de ces jeunes filles est admirable. Elles sont vraiment courageuses et ont honoré s tfent’azit leur dignité et liberté.

    Le GPK ou MAK devrait leur discerner Afzim n tissas ou une médaille d’honneur. À quand la création de cette distinction?

  4. cette jeune femme et ses amies méritent la légion d’honneur kabyle.le gpk et le mak doivent périodiquement décérner ce genre de déstinction pour des actes qui honorent le peuple kabyle.

    • {{Très bonne idée, a gma! Une journée où toutes les femmes qui ont la fierté d’appartenir à la nation kabyle porteront la robe kabyle, lfuda d umendil!
      Ça sera une révolution dans les mentalités!

      Merci à nos frères des USA qui ont récompensé cette jeune fille. Elle le mérite bien.
      Personnellement, j’ai pensé à faire quelque chose.
      Faute de contact, d’adresse électronique, d’intermédiaire, j’ai laissé tomber.}}

      • Un jour pour l’habille Kabyle, homme et femme, il ne faut pas mettre tous sur les épaules des femmes. Les islamistes à l’étranger le font, la femme doit être en hidjab mais l’homme en costume.

  5. {{BRAVO LES FILLES. De véritables Lionnes blanches des montagnes . Les Petites filles de Kahina.
    Des Aiglonnes Royales des cimes qui portent nos couleurs au firmament. La Liberté viendra peut-être de vous.}}

    Dans cette triste histoire ceux qui sont le plus à vomir ne sont pas ceux qu’on croit. En vérité le sinistère de la crétinisation arabonationale n’a pondu aucunes notes aucunes directives officielles pour faire interdire le port de la robe traditionnelle Kabyle. Se sont donc les zélés valets de ce pouvoir misérable qui en font trop. Ils sont plus royalistes que le roi. C’est eux qui unilatéralement pondent des interdictions pour plaire à leur maître alors que celui-ci ne leur à rien demandé de spécial. Des vrais toutou à leur mémère, des petits roquets pas plus haut qu’une raclure de gorge qui se font capo de leur propre frères et soeurs.

    Alors M’Sieurs Dame, dites moi un peu, comment aurait-on qualifié ces vendus pendant l’occupation française ? Hein ? Quel nom leur aurait-on donné ? Aujourd’hui ils ne sont que des kabyles de service ; qualificatifs très politiquement correct. Dans l’histoire : qui est le harki et qui est le colonisateur ? A ce que je sache le français dans sa plus bête et injuste domination ne nous à jamais interdit de porter robes kabyles, timhermines, et burnous. Le Kabyle à toujours parlé kabyle, le roumi n’a jamais essayé de nous transformer de force en clone grotesque de Titi Parisien endimanché ou de nous christianiser sous la menace de sabre. Nous avons subi l’injustice coloniale emmailloté dans nos robes traditionnelles, timhermines, burnous serwel et guenour. Aujourd’hui non seulement nous subissons l’injustice araboislamique mais il faut en plus s’enrouler dans le grossier emballage qui va avec. Et cela, la baillonette de nos propres frères dans le dos.

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