Relations algéro-marocaines : Bouteflika, le pompier pyromane

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Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – Rompu aux techniques de manipulations, habitué aux coups bas et nourri au machiavélisme, Bouteflika a, de tout temps, fait de la provocation son sacerdoce et sa ligne de conduite. Il est connu pour être un pyromane et joue, au même temps, le pompier.

La technique est simple. Il provoque des incidents, des incendies et même des tensions meurtrières pour en fin de compte venir en messie arroser les décombres. Combien de ministres confrontés à l’ire des fonctionnaires de leurs départements ont exigé des protestataires de faire appel « au boss » pour dénouer l’affaire. Combien de familles, de malades, de victimes ont été mises dans l’obligation de supplier le chef suprême pour accéder à un droit. Sur tous les fronts, il a fait du pouvoir absolu sa raison d’être, de la ruse son mode d’emploi et de l’intrigue l’essence de son projet.

La confirmation vient, cette fois, de la réaction « spontanée » de la rue algérienne à ce qu’elle a appelé l’agression marocaine contre un symbole du pays, l’emblème algérien. Le fait est en lui-même condamnable, surtout lorsque l’on sait que le jeune marocain de Rabat avait sciemment arraché le drapeau algérien accroché sur le toit de la représentation diplomatique un 1er novembre.

La date est fort symbolique pour les peuples algériens et pas pour autant pour un Bouteflika qui a préféré fuir les combats pour se réfugier à Oujda, ensuite fuir un jugement décidé contre lui par son futur parrain Boumediene, qui a décidé, raconte le Commandant Azeddine, le punir pour sa désertion. Il finira, ajoute le commandant, par être envoyé au Mali, pour soit disant faire dans l’agitation médiatique, selon laquelle l’ALN a ouvert un front au sud. Bouteflika finira par déserter encore une fois, délaissant, au passage, le poste émetteur qui lui a été confié et « dépenser » l’argent de sa mission dans des hôtels d’un pays voisins.

Maladie et rancunes

Figé dans ce qui pouvait symboliser pour lui un mode de gouvernance de la fin des années 60, Bouteflika est resté un féru du culte de la personne. Son cas est bien entendu clinique, seuls les psychiatres et autres spécialistes de l’étude des troubles de la personnalité peuvent définir et identifier le mal qui le range de l’intérieur. Ceci pouvait ne pas constituer un propos en politique, mais dès lors que le comportement du patient Bouteflika prend le dessus sur sa gestion des affaires politiques du pays, l’intervention de ces médecins était fortement souhaitée pour éviter à un pays maintenu par la force des baïonnettes toutes les décisions de ce personnage et qui n’ont fait que précipiter la chute du régime.

Autrement dit, il serait opportun pour les décideurs de réduire la contagion qui a fait qu’aujourd’hui, que même une famille de l’Est du pays réclamant le jugement d’un médecin pour erreur médicale ne fasse appel à un « président » qui se soigne dans un hôpital qui recevait, il y a un demi-siècle, les bourreaux des Algériens.

Du feu pour le pompier

Le contentieux avec le voisin marocain n’étant pas nouveau, mais la montée subite des hostilités entre les deux pays n’est pas fortuite. Sinon comment expliquer le choix de la date choisi par Bouteflika d’évoquer le problème du Sahara occidental, alors que tout le monde s’accorde à dire que même les militants du Front Polisario avaient remarqué « une tiédeur » dans la position algérienne depuis 1999 ? Ces mêmes militants se rappellent, indiscutablement, que ce même Bouteflika avait signé, devant le roi Hassan II, un document où il reconnaissait la marocanité du Sahara.

Il faut ajouter aussi dans ce contexte qu’en 1985, des généraux algériens avaient appuyé le projet d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara. Donc la soudaine sympathie qu’a trouvé Bouteflika pour le combat du Polisario prête à confusion, et sa condamnation de la répression marocaine dans ces territoires et son non-respect des Droits de l’Homme que Bouteflika avait évoqué dans sa lettre ne sont que l’œuvre d’un pyromane qui, la seule faculté qui lui reste, est de deviner la réaction marocaine.

De ce fait, il provoque une tension avec un pays voisin, et tente de chatouiller ce qui restait d’amour de la patrie chez les Algériens. À Oran, Bechar ou Alger, un mouvement spontané a subitement viré de bord pour quémander un 4e mandat au grabataire à la tête de l’Etat. Il n’est pas fortuit qu’à quelques jours d’un match décisif pour l’Equipe algérienne qui sert, depuis 2009, de fond électoral inestimable pour un président en manque de vision et de perspectives, de laisser passer une si bonne opportunité pour ressouder autour de lui quelques Algériens des administrations et des Mouhafadhas du FLN.

Quel est le lien entre « l’agression » marocaine et un 4e mandat pour un président qui en a fait assez ? La réponse est justement dans la nature de l’homme qui a fait sa carrière dans le chantage, la manipulation et l’intrigue. Et qui sait que la retransmission par la télévision publique de ces rencontres amicales avec quelques personnalités ne rentrent pas dans le cadre de l’agitation précampagne ?

Amnay At Ifilkou

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