Hakim Laâlam se dévoile à Bejaia

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Hakim Laâlam
Hakim Laâlam

Le Café littéraire de Bejaia, un espace culturel qui est à son cinquième anniversaire, est animé principalement par Kader Sadji un ancien journaliste du Matin. Le samedi 14 décembre 2013, Khaled Zirem (modérateur) a reçu Hakim Laâlam pour son roman « Rue Sombre au 144 bis » paru en octobre dernier aux éditions Koukou, qui rappelons le, a tenu à boycotter le 18ème salon international du livre d’Alger (Sila).

Initialement prévue à 13h au TRB-Malek Bouguermouh, la rencontre n’a débuté que quarante minutes après. L’auteur a tenu à s’excuser tout en disant « c’est maintenant que je vérifie la justesse des propos d’un ami qui me disait qu’il était plus facile de faire Alger-Tlemcen que Alger-Bejaia ».

Sans trop s’étaler dans l’exposition de son œuvre, il ouvre promptement le débat en donnant la parole à l’assistance qui, signalons-le, est venue en genre et en nombre. On note une forte présence de femmes non-voilées, certaines âgées et plusieurs étudiantes.

Parmi les rares questions se rapportant au livre de Réda Belhadjoudja (son vrai nom, NDLR), on note celle concernant le choix du titre, le romancier justifiera son choix en disant que « Rue sombre » insinue la lueur d’espoir au bout de la ‘‘ rue ’’ et que 144 bis n’est autre qu’un article du code pénal algérien.

A la question de Rachid Oulebsir (écrivain kabyle) « Le pouvoir que vous présentez comme une entité indéfinie avec des On et des Ils ? Le pouvoir réel c’est qui ? L’armée, la présidence ? Votre chronique au Soir d’Algérie n’est-elle pas une contribution à l’entretien du système politique algérien, une façon d’enjoliver d’un enduit démocratique la dictature, notamment aux yeux de l’occident? N’avez-vous pas le sentiment de faire partie du système ? »

Le conférencier dira que les vrais tenants du pouvoir sont des « civiles barons de l’économie à la chekara ». Il citera l’affaire de la 3G et l’obligation d’opter pour une deuxième puce. « A l’origine de cette exigence un investisseur « civile » qui a voulu imposé ce choix pour écouler sa marchandise importée ». Avant d’ajouter « c’est un militaire qui a limité les mandats présidentiels à deux, allusion faite au colonel Liamine Zeroual, et c’est un « civile» qui s’est éternisé au pouvoir».

« Mieux vaut une piètre presse que pas de presse du tout » a tenu à insister à la question de savoir si une presse libre existe en Algérie.

A aucun moment durant les deux heures de débat, accompagné par les dessins du caricaturiste Ghilas Ainouche, le fumeur de thé n’a osé s’attaquer aux militaires. Ainsi le débat a touché à l’engagement et aux choix politiques du chroniqueur. Les intervenants l’accusent d’un suspicieux lien avec des sphères du pouvoir. Tant qu’il avait du mal à convaincre la salle. Il s’est attaqué au clan présidentiel et non pas à l’ensemble du régime qui lui ne date pas de 1999 mais a réalisé ses prémices bien avant 1962.

Selim (personnage principal du roman) et Hakim ont su susciter la curiosité du public, l’événement a été clôturé par une vente dédicace en présence de l’éditeur Arezki Ait Larbi directeur des éditions Koukou. Ils étaient près d’une centaine à faire la queue pour se faire dédicacer le livre.

Ikhtus

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