Les députés Algériens réclament une augmentation de salaire

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ALGÉRIE (Tamurt) – Ce qui n’était que rumeur vient d’être confirmé. Les parlementaires algériens ont officiellement exigé une augmentation de salaire de 30 millions à 40 millions par mois. Les législateurs qui sont au nombre de 500, ont établi également une liste de revendications dans laquelle sont mentionnés d’autres privilèges.

Parmi ces privilèges, ils demandent la prise en charge de leur voyage à l’étranger pour tout député et les membres de sa famille, des chauffeurs, des voitures hauts de gamme, des gardes du corps pour leurs déplacements dans les régions non sécurisées, des passeports diplomatiques pour leurs conjoints. La liste est encore très longue.

Les parlementaires, dont plus de la moitié n’a pas le baccalauréat, ont choisi cette période proche des élections pour obliger le pouvoir à flancher et à répondre favorablement à leurs exigences, surtout dans le cas où la constitution serait changée par voie parlementaire.

Il est à noter qu’un député touche au moins 30 millions de centimes par mois, soit 20 fois le Smig en Algérie. Au total, chaque parlementaire, en incluant les frais de mission et autres primes de « rendement », cumule sur son compte environ 700 millions par année, soit un budget supplémentaire que le pouvoir accorde à chaque commune dans le cadre du budget primitif.

Les législateurs algériens n’ont jamais réclamé d’augmentation de salaire pour les milliers de pauvres universitaires qui touchent, tenez-vous bien, moins d’un millions par mois. « J’ai travaillé comme nègre depuis 10 ans en ma qualité d’ingénieur en informatique dans une direction de la wilaya. je ne touche que 9 000 dinars par mois, l’équivalent de 70 euros par mois. Tout ce qui je vais toucher durant toute ma carrière, un député le gagne en 6 mois », nous a expliqué un jeune informaticien de Tizi-Ouzou.

Il faut noter également que les députés du Parti des Travailleurs sont les premiers à revendiquer l’augmentation de salaires pour les parlementaires. Selon nos informations, la doyenne des députés, l’inamovible présidente du PT, Luisa Hanoun, qui en est à son 4ème mandat comme député et 7ème mandat comme présidente du parti, est la rédactrice de la plateforme de revendications des parlementaires algériens !

Tous les partis ont cautionné cette exigence excepté le Front des Forces Socialistes (FFS). Le FFS, par la voix de son chef du groupe parlementaire, M. Chafaa Bouaïche, a désavoué, hier, la démarche en question et nié toute implication des députés du FFS dans cette démarche honteuse.

«L’assemblée est diabolisée aux yeux de l’opinion et il n’en faut pas plus pour ternir davantage l’image du député. Et puis, sérieusement, il y a d’autres problèmes à aborder, plus importants que le passeport diplomatique ou autres indemnités, comme par exemple la commission d’enquête que nous avons demandé pour faire la lumière sur les tristes évènements de Ghardaïa et qui reste sans suite jusqu’à aujourd’hui», a déclaré à la presse Chafaa Bouiche.

Ce dernier fera savoir que «le député serait plus avisé de demander plus de prérogatives au lieu de s’intéresser à des questions d’ordre matériel, plus grave encore à travers une pétition !».

Saïd F

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