A la veille de l’élection présidentielle en Algérie – Entre l’ANP et l’ANSEJ, la jeunesse kabyle est prise en otage

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Kabylie
Kabylie

Les décideurs d’Alger usent de tous les moyens pour faire taire la Kabylie, surtout sa jeunesse. A l’orée de chaque élection présidentielle, ils préparent un scénario machiavélique dans le but de claironner partout, avant, pendant et après chaque élection, que la Kabylie participe massivement au vote.

Cette fois-ci le pouvoir a opté pour une politique de chantage. Il cible directement les jeunes. Ces derniers sont entre le marteau et l’enclume. Ceux qui ont bénéficié de différents dispositifs de crédits bancaires, plus particulièrement celui de l’Ansej, sont sommés de rembourser immédiatement leurs dettes. Tous les bénéficiaires ont été convoqués surtout les jeunes kabyles qui sont harcelés par l’administration, alors que d’autres, des milliardaires mais dociles, qui ont pris la plus grande cagnotte, ne sont pas concernés pour le moment par le remboursement de leurs dettes.

Curieusement, l’opération d’appel aux remboursements a été entamée à moins de quatre mois de l’élection présidentielle. Des pêcheurs, des plombiers, des jeunes entrepreneurs de travaux publics, ainsi que des restaurateurs,des paysans et des éleveurs de bétails, pour ne citer que ceux-là, sont destinataires de lettres de relance émanant des banques et de l’ANSEJ les sommant de procéder aux remboursements. « La plupart des jeunes qui ont reçu, depuis début janvier, des injonctions de la banques ont emprunté des sommes qui varient entre 200 à 800 millions de centimes, mais étrangement les patrons dociles et suppôts du pouvoir qui ont pris des milliards de dinars ne sont pas inquiétés par ces mesures de remboursements.

« Le pouvoir joue la carte des crédits, accordés aux jeunes via l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes (Ansej) pour acheter la paix sociale, c’est clair et net », nous a déclaré un jeune d’At Douala qui a bénéficié d’un crédit Ansej. L’autre moyen de pression – en rapport direct avec le premier – exercé par le pouvoir sur la jeunesse kabyle est le recours à des convocations en masse des jeunes au service national.

Cette pression exercée par le pouvoir algérien sur les jeunes kabyles pour les sommer d’obéir aux désirs d’Alger et de rester calme le temps de la campagne électorale et des élections présidentielles met en lumière la main mise de l’armée algérienne sur toutes les institutions civiles sensibles en Algérie.

L’appel de l’Algérie aux jeunes Kabyles à rejoindre les casernes de l’ANP est intelligemment combiné avec les injonctions de remboursement des banques adressées aux bénéficiaires de crédits et cela juste à la vielle de l’élection présidentielle prévue pour avril 2014.

Le pouvoir veut, par ces pratiques mafieuses, museler les jeunes et les obliger à s’éloigner de la politique afin d’éviter toute forme de protestation ou de soulèvement populaire.

Plus de 60 000 jeunes Kabyles ont été appelés à se rendre dans les casernes à Tizi-Ouzou, Bougie et Tuβirett. Les listes des appelés sont affichées dans toutes les mairies et les brigades de gendarmerie. Des contrôles de possession de cartes militaires sont systématiquement exercés dans les villes et au niveau des barrages des services de sécurité. Sept jeunes ont été arrêtés avant-hier au centre-ville de Tizi-Ouzou.

C’est la traque aux insoumis. La gendarmerie compte même établir des bulletins de recherche envers ceux qui ne répondront pas aux ordres d’appel. Les décideurs tremblent. Le contrôle de la Kabylie leur a échappé. Cette période est crucial pour lui car il s’agit de sa survie.

Ce qui est également remarquable ces derniers jours, c’est le nombre impressionnant de militaires, de policiers et de gendarmes déployés en Kabylie. Des bataillons entiers de l’armée stationnés dans d’autres région d’Algérie sont appelés à se rendre en Kabylie.

Les personnes âgées attestent n’avoir jamais vu en Kabylie autant de militaires. L’un d’entre eux nous dira que même pendant la guerre de libération, il n’y avait pas autant de militaires. Cette sur-militarisation du pays kabyle n’augure rien de bon.

Saïd F.

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