Le système tient-il encore le régime ?

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ALGÉRIE (Tamurt) – A croire la candidature du chef de l’État sortant M. Bouteflika, l’appareil du pouvoir en Algérie commence à être en panne d’idées et/ou « d’hommes ». En effet, contrairement aux précédentes échéances, le système ne fait pas face uniquement au problème de légitimité constitutionnelle, après la violation de la constitution en 2008, ou au problème de légitimité politique après les récents événements qui ont secoué la région et le monde d’une façon générale. C’est un contexte assez original dans l’histoire de l’Algérie. N’étant même pas capable d’être candidat comment Bouteflika va-t-il-pouvoir être président ? Sont-ils tous vraiment dans l’embarras pour en arriver là ?

Quelque soit la réponse à apporter, il ne s’agit bien entendu que d’une question de forme. Le fond est tout autre, puisque avec toutes les manigances du système, il n y aura aucune nouveauté dans l’horizon. Tous les paramètres sont réunis pour plébisciter ce fantôme ou un autre sous l’œil bienveillant des clients du pouvoir et de la main tendue de l’occident. Hamrouche qui a espéré le remplacer a bien compris que l’histoire se répète.

Certes, la caste au pouvoir se trouve en grande difficulté, elle a du mal à faire avaler la pilule, mais elle essaye tant bien que mal de le faire. Entre temps, les gens se demandent, face à la masse de rumeurs quotidiennes, de savoir « est-ce que le président est otage du pouvoir ou est-ce le pouvoir qui est l’otage du président ? ». En réalité, il importe peu qu’il soit candidat de son plein gré ou qu’il soit forcé de l’être et/ou qu’il ne soit même pas au courant qu’il est candidat.

Faut-il alors scander « non au quantième mandat ? »

Prendre un tel risque en présentant un cadavre à l’opinion nationale et internationale pour conduire un pays en ruine encore 5 ans, cache forcement un piège. Un piège qui manque d’intelligence, on le dit d’ailleurs en kabyle « Tiherci Snen ak meden Tti3uguent », la ruse connue de tous est une imbécilité. C’est pourquoi, sortir dans la rue pour refuser la quatrième mandature c’est cautionner la continuité du système et reconnaitre en amont la légitimité des élections en l’absence de Bouteflika. Or, sans ou avec celui-ci, les cartes sont jouées d’avances et chaque participation aux élections en renforce la légitimité.

Il est tout de même d’une naïveté politique flagrante que de s’opposer par principe au quatrième mandat et demander au même système une tête de rechange. Est-on entrain de s’enfoncer encore dans un sommeil politique profond ?. En effet, cette stratégie du pouvoir risque d’être à double tranchant, la première est « passez y a rien à voir » le temps de préparer un autre scénario, la deuxième est menaçante, « nous sommes prêts à toute éventualité », et par conséquent, « nous restons là ».

En réalité, il y a erreur politique dans la stratégie des meneurs de ce slogan, très mal adapté. L’image qu’ils renvoient et celle de groupes de citoyens éparpillés, abusés uniquement par la candidature de trop, et qui ne remettent pas en cause l’essence même du pouvoir algérien et ses mascarades électorales à répétition. Supposant donc qu’on fasse éjecter Bouteflika de la course pour une raison quelconque, que demande-t-on de plus ? Rien ! Le retour à la normale, après l’épuisement des énergies et le discrédit de l’opposition dans un combat flou. De plus, rester dans cette posture donne un argument de taille aux relais de l’appareil en place « Vous l’empêchez de se présenter alors que la constitution le lui permet, vous n’êtes donc pas démocrates » Il n y a face à cet argument, que les gens avertis qui puissent se rappeler de la violation de la constitution pour le contrecarrer, pour les autres, il devrait avoir pleinement le droit de se présenter.

Oui, parmi les porteurs de ce slogan, il y a certainement des gens sincères épris de justice et de liberté. Des gens humiliés par le porterait que donne le pouvoir à l’Algérie à travers le monde. Mais encore une fois, le moment et le slogan choisis ne semblent pas vraiment dans le bon timing. Car, la grande humiliation politique et celle de la violation de la constitution en 2008, après l’augmentation colossale des primes des députés pour asseoir une présidence à vie à Bouteflika ou à Bouteflika Bis, l’important et qu’il provienne du sérail. Ce n’est peut être pas trop tard pour agir, mais il vaut mieux bien agir.

Qu’en est-il de la Kabylie?

Connue des laboratoires des services comme l’avant-garde de toutes les luttes politiques en Algérie, la Kabylie a fait sa première sortie dès le lendemain de l’indépendance, en 1963, pour combattre le régime d’alors qui est encore celui d’aujourd’hui.

Celle-ci dispose donc d’une expérience significative, de par sa conscience collective, lui permettant de déjouer toute tentative politique et politicienne.

Pour cette fois, le premier signal a été d’ailleurs envoyé par les services du DRS à certains quotidiens nationaux pour leur demander de ne pas citer le sigle du MAK ou parler de ses dirigeants, mêmes pour les critiquer. Que cela cache-il ? Est-il la première force politique en Kabylie ? A voir le silence du FFS, plus vieux parti d’opposition et la coalition du RCD avec les islamistes, la réponse parait évidente, même si la position de ce dernier s’inscrit dans une logique plus cohérente, à savoir laisser Bouteflika seul conquérant et sans concourant. Sauf que des candidats, il y en aura toujours, tant que les robinets du trésor public restent grands ouverts.

Quant à la Kabylie, elle ne semble pas, à priori, engagée dans cette opposition au quatrième mandat, mais reste déterminée à la remise en cause de la légitimité institutionnelle et constitutionnelle de l’État algérien, en rejetant purement et simplement toute élection. Elle est consciente que cela ne changera absolument rien à la marginalisation, à l’oppression et au déni identitaire dont elle a toujours fait l’objet.

La tentative de diversion à laquelle nous venons d’assister récemment à Bougie, nous renseigne sur l’intention de l’armée à remettre le feu en Kabylie. C’est un terrain d’expérimentation idéal pour tester une fois de plus l’indifférence totale du reste de l’Algérie. Comme c’est le cas également à Ghardaia, où nous avons vu le lynchage et les assassinats des mozabites en temps réel, sans que l’écho dépasse les collines de la Kabylie qui s’est montrée indéfectiblement solidaire.

Mais le constat actuel reste que Bouteflika, son gouvernement et ses serviteurs tiennent le rythme, tout se déroule dans les meilleurs conditions qui soient : dépôt du dossier de candidature auprès du conseil constitutionnel, présence assurée de certains lièvres pour légitimer la course et affaiblissement de toutes les voix opposantes, que l’on oubliera quelques semaines après l’annonce des résultats. S’agissant du retrait de certaines candidatures mêmes jugées « de poids », il ne doit nullement en être affecté, ayant déjà endossé une telle humiliation en 1999.

Au final, rejeter uniquement et littéralement le quatrième mandat, c’est essayer de traiter les symptômes tout en passant à cotés des causes réelles et donc du remède.

La Kabylie n’a pas pour habitude de s’associer avec les loups, elle ne doit donc pas être un obstacle face à ces contestataires mais son combat n’est pas vraiment le même. N’ayant reconnu aucune élection depuis l’indépendance de l’Algérie. Les taux de participations n’ont jamais dépassé le nombre des relais locaux.

Boualem KACHI

4 COMMENTAIRES

  1. On s’en fiche de leur Ânegérie qui est une pure création coloniale française et qui n’a jamais existé dans l’histoire et s’en moque des izz’Ânegériens !!!!!!!!!!!!!.
    Quand les Kabyles luttaient seuls contre ce régime criminel pendant 40 ans de 1963 à 2003 , » nos compatriotes(,,,,) » et pseudos frères algériens disaient ah non non ,on est concernés par le combat des kabyles régionalistes manipulés ,,, par la France disent-ils ,,,,,!
    Alors maintenant il est venu le temps de leur rendre la monnaie de leur pièce on leur disant à notre tour qu’on est pas concernés par leur combat et leurs problèmes avec leurs dirigeants !!!!!!!!!!!!!
    C’est une lutte entre clans pour le pouvoir entre celui de l’Ouest NTM contre celui de l’Est BTS ,alors mes frères ça nous regarde pas !!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. {sortir dans la rue pour refuser la quatrième mandature c’est cautionner la continuité du système et reconnaitre en amont la légitimité des élections en l’absence de Bouteflika. Or, sans ou avec celui-ci, les cartes sont jouées d’avances et chaque participation aux élections en renforce la légitimité{{}.C´EST DU DÉJA VU!!!}}

    {{Donc faire les choses autrement est une exigence irréversible pour un nouveau recommencement en kabylie. Alors, sortir sur les rues partout en kabylie cette-foi-ci pas pour s´opposer à l´agenda electorale rituellement enraciné dans la conduite du régime mais pour faire une esquisse qui démontre comme une seule voix a quoi s´aspire le pays kabyle dans les années avenir .}}

  3. Analyses et déductions pertinentes auxquelles il serait bon d’ajouter que ce pouvoir maléfique et destructeur n’ avait comme seul ennemi que le kabyle patriote. Nous serions très intéressés,Mr Kachi , par la présentation d’un autre écrit susceptible de démasquer puis neutraliser les suppôts satellites de ces colons charognards pour que l’on puisse avancer assurément dans la quête de nos aspirations.Merci.

    • {sortir dans la rue pour refuser la quatrième mandature c’est cautionner la continuité du système et reconnaitre en amont la légitimité des élections en l’absence de Bouteflika. Or, sans ou avec celui-ci, les cartes sont jouées d’avances et chaque participation aux élections en renforce la légitimité, donc c´est du déja vu et connu.}
      {{Donc faire les choses autrement est une exigence irréversible pour un nouveau recommencement en kabylie.
      Alors, sortir sur les rues partout en kabylie cette-foi-ci pas pour s´opposer à l´agenda electorale rituellement enraciné dans la conduite du régime mais pour faire une esquisse qui démontre comme une seule voix a quoi s´aspire le pays kabyle dans les années avenir!}}

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