L’APW organise une journée d’étude sur Tamazight

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BOUGIE (Tamurt) – L’assemblée populaire de la wilaya de Bougie a ramené les débats sur Tamazight au sein de son institution. C’est pour la première fois que l’officialisation de la langue Tamazight préoccupe une instance élue. En effet, à l’initiative d’une association de la région d’Ighram, l’APW a invité une brochette d’hommes de terrain pour débattre, à l’occasion de la commémoration des événements du 19 mai 1981, du statut de Tamazight.

Une journée d’étude a été organisée, durant la journée du lundi, à la salle des conférences de la wilaya. Braham Tazaghart, écrivain, Mokrane Aggoune, détenu en tant que lycéen en 1981, Mustapha Tedjit, ex-chef de département de Tamazight à l’université de Bougie, Djamel Baloul, enseignant de droit à l’université de Bougie et Tahar Aissi, enseignant de Tamazight dans les collèges de la daïra d’Aokas, ont, tour à tour, pris la parole pour faire de courtes communications.

Tazaghart fera un retour dans l’histoire antique en disant que les principaux combattants des français venus remplacer les romains ont tous été des amazighs. Il dira que la force de l’amazighité est d’être là où on l’attend le moins. Aggoune, égal à lui-même, se félicitera que la commémoration d’un événement qui a marqué la région se fasse à l’intérieur d’une institution publique. Il s’interrogera toutefois si le peuple kabyle appartient à l’Algérie dont les différents présidents l’ont qualifié d’étranger, venu du Yémen, pour l’un d’eux.

Lui succédant, Tedjit confirmera qu’il y a un fossé entre le gouvernement et le peuple kabyle sinon ce dernier l’aurait compris et aurait reconnu sa langue et ses us et coutumes. En revenant sur les événements de 81, il déclarera qu’à l’époque il avait été emprisonné et condamné pour atteinte à la sureté de l’état et accusé également de manipulation étrangère. Il ironisera ne s’interrogeant qui est réellement manipulé, de l’étranger, aujourd’hui. Aussi, pour sa part, criera son désarroi quant au programme de l’enseignement de Tamazight dans les écoles et collèges. Il mettra en avant les insuffisances tant matérielles qu’humaines.

Dans la matinée de la même journée, ce sont les animateurs du MCB qui ont organisé un meeting populaire et procédé à la rebaptisation de la place Daouadji en place du 19 Mai 1981.

Amaynut

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