Tizi-Ouzou – Les services de sécurité ferment les yeux sur le trafic d’armes

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Bien que la vente ou la commercialisation des armes à feu soit strictement interdite par la loi algérienne, le trafic d’armes connait un essor à Tizi-Ouzou.

Les services de sécurité ferment leurs yeux devant la vente de toutes sortes d’armes à feux. Il ne faut pas être un agent secret ou trafiquant d’armes pour savoir où on peut se procurer un pistolet ou un fusil à Tizi-Ouzou.
« J’ai besoin d’une poule avec 9 poussins », a glissé un citoyen que nous avons avons accompagné dans un marché à un marchand de fruits et légumes à Souk El Had dans la région d’Ath Genad. Allusion faite à un pistolet automatique de calibre neuf millimètre.
« Les prix ont flambé. Pas moins de 20 millions avec un seul chargeur », lui a répondu en privé le « vendeur de fruits et légumes ». Il suffit pour notre ami de verser cette somme dans un endroit, loin des regards indiscrets, et le pistolet a été mis dans sa poche. Lui aussi compte le revendre pour gagner un ou deux millions. « J’achète auprès des trafiquants des armes pour des personnes riches de la région. Ce pistolet m’a été commandé par un émigré de la région de Makouda. Je vais le lui revendre au moins pour 23 millions de centimes. Tout le monde a peur de nos jours. Les trafiquants d’armes vendent leur marchandise au grand banditisme, aux terroristes, mais aussi à de simples citoyens qui veulent se défendre. Ils sont très organisés et le commerce connait un essor considérable à la faveur des conflits armés en Afrique du nord, mais aussi au laxisme des services de sécurité. Les gendarmes connaissent tous les trafiquants d’armes mais ils ne nous approchent jamais », nous confie notre accompagnateur.

« Il n’y a pas qu’à Souk El Had, un bar très connu dans la région d’Akbou est connu pour être le point de chute de tous les trafiquants d’armes en Kabylie. D’autres débits de boissons alcoolisées de la région de Boughni et d’Ath Waguenoun sont aussi réputés pour être des lieux où les trafiquants d’armes se rencontrent. Chaque clan contrôle sa région. Parfois des rivalités peuvent amener à des assassinats. Le grand banditisme s’organise en Kabylie et les services de sécurité jouent les aveugles», nous fait savoir le groupe qui a accepté de se confier à notre journal, sous couvert de l’anonymat bien sûr.
« Des kalachnikov, des fusils à pompes, des pistolets automatiques, sont disponibles, il suffit juste de connaître un intermédiaire. C’est un secret de polichinelle, je vous assure que des quantités d’armes importantes sont écoulées ces dernières années en Kabylie. Autrefois, pour avoir une arme à feu il fallait attendre au moins deux à trois mois, mais en ce moment tout est disponible », ajoute le trafiquant d’armes qui dit avoir gagné une petite fortune.

Saïd F

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