HOMMAGE A MOULOUD FERAOUN : Homme aux grandes valeurs

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CULTURE (Tamurt) – L’Association de Culture Berbère de Mulhouse a souhaité lui rendre un hommage appuyé à travers la projection d’un film consacré à sa vie, à son combat et à ses œuvres. La rencontre a eu lieu samedi 8 novembre 2014 au cinéma Bel Air en présence du réalisateur Ali Mouzaoui.

Mouloud Féraoun est né en 1913 à Tizi Hibel, en Haute Kabylie. D’une famille très pauvre, c’est à l’aide d’une bourse qu’il réussit à commencer et continuer ses études, pour devenir instituteur en 1935. Son premier roman « Le fils du pauvre » est devenu un grand classique. D’autres oeuvres ont suivi : La Terre et le sang, Jours de Kabylie, Les chemins qui montent. Il a aussi publié une étude sur le grand poète Si Mohand sous le titre Poèmes de Si Mohand, Journal 1955-1962, parut juste après sa mort , Lettres à ses amis , L’Anniversaire.

Au-delà de l’écrivain talentueux qu’il fût , le réalisateur a voulu mettre en lumière son parcours exceptionnel à travers ce document: « Il m’a semblé indispensable de faire ce film sur Mouloud Féraoun. Je pense qu’il était l’un des premiers à poser la pierre angulaire d’une culture savante. Il a eu un parcours atypique par le fait que c’était un enfant séduit par les grandes idées de la civilisation française et qui peu à peu va croire à la France, à son idéal qui voit unir un pays à un autre. »

Mouloud Féraoun se disait appartenir à un peuple digne et ne supportait pas les injustices sociale et identitaire. Sa vision lucide et impartiale le poussait à dénoncer les exactions de chaque côté. Ce tempérament juste lui a valu beaucoup de souffrance jusqu’à dire lui-même : « qu’il est difficile d’être juste ».

Ses amis étaient Roblès, Camus, Germaine Tillion qui disait de lui : « Mouloud Féraoun était un écrivain de grande race, un homme fier et modeste à la fois, mais quand je pense à lui le premier mot qui me vient aux lèvres, c’est le mot : bonté. »

Toute sa vie il n’a eu de cesse de proclamer l’émancipation de son peuple et rêvait d’un mariage entre l’Algérie et la France. Il disparut tragiquement le 15 mars 1962 assassiné par l’OAS avec cinq autres de ses collègues.

Un hommage, ô combien mérité, à cet homme aux convictions courageuses qui a su porter haut et fort son identité kabyle.

Louisa D

PROCHAINES RENCONTRES :
Salon du livre de Colmar
Samedi 22 et dimanche 23 novembre 2014

Célébration de Yennayer
Samedi 10 janvier 2015

Contact : acbmulhouse@aol.com

3 COMMENTAIRES

  1. oui bof! c’est bien mais c’est insuffisant!

    Mouloud Feaoun s’il avait été de ce temps se serait prononcé en faveur d’un projet ou d’un autre ! mais rester éternellement à se définir comme des pauvres « berbères », obligé de rendre hommage à ses grands hommes et à ses grandes femmes dans le cadre associatif, et à l’étranger, sans se poser la question de savoir pourquoi nous en sommes encore là ? pourquoi nous sommes des étrangers sur la terre de nos aïeux ? et comment y remédier ? n’a plus aucun intérêt !

    Vive la Kabylie libre et indépendante qui donnera la place qui revient de droit à nos hommes et à nos femmes de Fadhma n Summer à Matoub Lounès en passant par Bennai Ouali, Ali Laimeche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Fadhma Nat Mansour, Marguerite-Taos Amrouche, Lean-Lmouhoub Amrouche, Tahat Djaout et tant d’autres !

    allons-nous encore quémander le droit d’exister en cachette sur une terre qui est la notre depuis des millénaire?

    • Enfin une manifestation culturelle pour nous rappeler ce qu’était le plus grand écrivain kabyle même si je ne partage pas l’avis de Mr Mouzaoui , je suis persuadé que monsieur Mouloud Féraoun ne s’est jamais fait d’illusion quant au racisme du système colonial. Le » » journal 1955 – 1962″ et » La cité des roses  » en font foi .Ses autres romans » Le fils du pauvre », « La terre et le sang  » , « Les chemins qui montent  » sont des monuments de sociologie kabyle . Ce « bon » grand monsieur a été complètement laissé à l’ombre par je ne sais quel(s) esprit(s) maléfique(s) anti-kabyle(s) . La meilleure façon d’appréhender ,de connaitre ce qu’est la kabylité , est de lire Mouloud Féraoun. Paix à son âme. Un grand merci pour cette manifestation .
      Comme dans la préface de Kateb Yacine dans « Histoire de ma vie » de madame Fadhma Amrouche j’espère que trés bientôt Mouloud Féraoun sera lu et étudié dans toute la Kabylie .

  2. Que des gens se fassent encore appeler des Ververes en 2014 est incomprehensible. On est des Kabyles et Amaigh et rien d’autres. Hommage a Mouloud Feraoun.

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