« Yennayer 2965 seront dédiées aux Berbéristes de 1949 »

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MELBOU (Tamurt) – L’association culturelle et touristique de Melbou (Béjaia), pour des raisons calendaires, a choisi la journée d’hier pour célébrer Yennayer 2965. Et parmi ces festivités figurait une conférence autour du thème : « Yennayer : repères et mémoires » laquelle conférence devait être animée initialement par l’historien, Younès Adli.

Cependant, pour un empêchement majeur et imprévu, Younès Adli a informé les organisateurs de la manifestation de son incapacité d’honorer son rendez-vous. C’est pourquoi l’association culturelle et touristique de Melbou a décidé de faire appel alors à la compétence de Bouaziz Aït-Chebib et Farid Djennadi dès lors qu’il a été jugé impératif d’animer cette conférence laquelle d’ailleurs a attiré un nombreux public.

Nous devons signaler d’emblée que les deux conférenciers, même s’ils ne sont pas spécialisés dans la science historique, ils ont su quand même situer Yennayer au-delàRetour ligne automatique

de la simple folklorisation à laquelle le pouvoir et ses petits relais se sont jusque-là confinés.

En effet, Bouaziz Aït-Chebib, qui a pris la parole le premier, a interprété Yennayer comme l’incarnation d’une identité, une civilisation et l’histoire d’un peuple porteur de valeurs humaines et civilisationnelles, lesquelles ont fait inspirer d’autres peuples.

Le conférencier a , dans ce sens, cité des noms de grands philosophes et penseurs, dont les travaux et citations font encore de nos jours des références et des repères, se sont inspirés du modèle sociétal kabyle. C’est le cas du Français, Ernest Renan, qui ,arguments scientifiques à l’appui, a démontré que la Kabylie a toujours été le berceau de la démocratie et d’une civilisation.

Bouaziz Aït-Chebib, puisant encore dans son glossaire historique, a encore mis en avant une multitude de valeurs propres au peuple kabyle, qui aujourd’hui encore penseurs et politiques occidentaux luttent contre vents et marées pour les maintenir, après les avoir épousées depuis plusieurs siècles, comme des vecteurs de gouvernance immuables.

C’est le cas de la solidarité, la liberté d’expression, la laïcité, le respect des droits de l’homme, la tolérance, les droits de la femme ou tout simplement l’égalité des sexes, etc. Le conférencier, toujours avec le vocable adéquat, citera une multitude d’autres facteurs et vecteurs propres au peuple kabyle et faisant aujourd’hui encore des valeurs intrinsèques des sociétés modernes et justes. C’est pourquoi, en prenant comme segment la politique culturelle véhiculée par Alger et, destinée à la Kabylie par des coups de milliards de DA et à travers tous les supports possibles et imaginables, dont les objectifs ne sont qu’un secret de Polichinelle ; autrement la dilution de la culture kabyle dans celle dite « arabo-musulmane », et dont les premiers résultats ont fait déjà des dégâts considérables, Bouaziz Aït-Chebib a plaidé haut et fort pour une véritable révolution culturelle kabyle.

Notons également qu’avant de passer le micro à son « ami et complice » Farid Djennadi, Bouaziz Aït-Chebib, a saisi cette opportunité pour mettre sur la table la polémique qui a ciblé le Dr Saïd Sadi, laquelle polémique a été de l’apanage des teneurs de l’arabo-islamisme. Le conférencier dira tout de go : « En tant qu’intellectuel et militant, le Dr Saïd Sadi a marqué de son empreinte le combat pour la démocratie en « Algérie ». Cependant, sa valeur et sa dimension ne sont reconnues qu’en Kabylie. Je persiste et signe encore que c’est parce que le Dr Saïd Sadi est kabyle qu’il fait l’objet d’attaques tout aussi lâches et sournoises. Aussi, en ce qui me concerne, je saisis cette occasion pour exprimer au Dr Saïd Sadi toute ma fraternité et mon soutien des plus indéfectibles face aux démons de l’arabo-islamisme ».

Avec une voix toujours solennelle, le conférencier a rappelé que Messali Hadj et le FLN sont deux facettes d’une même médaille, c’est-à-dire nourris au sein de l’arabo-islamisme. Et avant de céder enfin son fauteuil à Farid Djennadi, Bouaziz Aït-Chebib a déclaré que les marches de yennayer seront dédiées aux Berbéristes de I949 qui restent « nos références et nos repères dans notre quête de la liberté du peuple kabyle ». et de conclure :  » le salut de la Kabylie passe impérativement par l’instauration d’un Etat kabyle, démocratique, social et laïque. »

De son côté, Farid Djennadi, dont l’adrénaline a déjà monté de plusieurs crans, a d’abord décortiqué les différents mouvements associatifs évoluant dans l’espace géographique de la Kabylie avant d’appeler les acteurs authentiques des associations à opérer un véritable saut qualitatif dans leurs missions respectives, et ce en commençant par s’émanciper de l’administration d’Alger. Retour ligne automatique
De même, Farid Djennadi a profité de ce rendez-vous de Melbou pour réitérer l’appel du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) aux hommes et femmes kabyles de réhabiliter « nos structures ancestrales au niveau des villages et villes afin de pouvoir faire face aux politiques de l’Etat algérien qui ne visent qu’à anéantir à jamais la Kabylie en tant que peuple et nation ».

A la fin de la conférence, Bouaziz Ait Chebib a tenu à condamner avec force l’attentat contre Charlie Hebdo , un acte criminel qui a ciblé ce cœur de la démocratie qu’est la Liberté d’expression ! ». Avant d’émettre le souhait de voir la communauté internationale se ressaisir et comprendre que les droits de l’homme et des peuples passent avant les intérêts économiques. « La paix passe impérativement par le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à la place du droit des régimes totalitaires soutenus par l’occident, à disposer de leurs peuples ».

De Bgayet, Said Tissegouine pour Tamurt

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