Kamira N’Ait Sid en conférence à Tizi N’Berber

0
Kamira Nait Sid
Kamira Nait Sid

TIZI N BERBER (Tamurt) – « De révolte en révolte depuis 1949, la Kabylie a, de tout temps, été à l’avant-garde de la cause amazighe. Malgré les différentes invasions, le peuple a survécu et, d’ailleurs, nous n’avons pas arrêté de combattre les arabes depuis 14 siècles » tonnera dès sa prise de parole Kamira N’Ait Sid, vice-présidente du congrès mondial amazigh et présidente de l’association des femmes kabyles, invitée par l’association de Tazrourt de Tizi N’Berber pour y animer, au centre culturel, une conférence dans l’après-midi du samedi.

L’oratrice dira que « les kabyles ne sont pas un peuple minoritaire mais plutôt un peuple minoré par les tenants du pouvoir. L’orient finance les projets d’extermination des kabyles et l’occident soutient les dictatures pour sauvegarder leurs intérêts dans ces pays. Face à cela, nous n’avons que notre volonté et notre détermination pour résister », soulignera la conférencière.

« Au nom de la religion, ils nous ont spoliés nos terres et cette fois la provocation de trop est cette décision de donner le statut de capitale de la culture arabe à Cirta, la capitale de la Numidie. Nous devons réagir », dira Kamira qui informera l’assistance de la décision du congrès mondial amazigh de saisir les instances internationales pour cette tentative de falsification de l’histoire. En outre, l’UNESCO sera également saisie pour l’inscription de Cirta dans le patrimoine international.

Elle se désolera qu’il y ait eu des changements dans le comportement de certains kabyles dont les habitudes vestimentaires, à savoir le voile arabe et musulman. En tant que laïcs, nous respectons toutes les religions mais cela ne veut pas dire que nous devons accepter leur tentative de création d’une identité religieuse, soulignera-t-elle.

Revenant sur le printemps noir de Kabylie, l’oratrice dira que « les kabyles avaient démontré qu’il y a un fossé entre le peuple kabyle et le pouvoir d’Alger. Retour ligne automatique
La même chose s’est passée en Libye mais hélas, dans toutes les négociations pour mettre un terme à la guerre civile, les amazighs ne sont pas associés et leur langue n’est pas incluse dans la nouvelle constitution de ce pays. »

Pour ce qui est de l’officialisation de Tamazight, elle citera le cas du Maroc où la « langue est officielle depuis 4 ans alors qu’aucun document écrit en Tifinagh n’est accepté par l’administration marocaine. Cette expérience, soulignera-t-elle, nous renseigne que rien ne changera avec l’actuel pouvoir mafieux d’Alger. La stratégie d’arabisation continue son bonhomme de « chemin » ». Elle avertira sur les crèches qui sont le premier maillon de cette chaîne. « Ainsi donc, tous le moyens sont sollicités et mis en avant par le pouvoir d’Alger pour exterminer la Kabylie mais l’éveil amazigh est, désormais, présent à travers l’ensemble de Tamazgha. Le combat est le même, à savoir parvenir à libérer l’Afrique du nord. Personne ne pourra stopper le peuple kabyle dans son combat et d’ailleurs, fera-telle remarquer, le peuple kabyle est le seul peuple à avoir tenu une année sans aller à l’école ».

Elle conclura son intervention en dénonçant la réaction du pouvoir d’Alger contre les militants amazighs qui voulaient baptiser une place au nom de feu Slimane Azem. Alors que la France compte 19 sites au nom de Louanes Matoub et 3 au nom de Slimane Azem.

Avant d’animer sa conférence à Tizi N’Berber, Kamira N’Ait Sid s’était recueillie en compagnie des membres du MAK d’Aokas et Tizi N’Berber sur la tombe d’Akli Saïdi, enterré au jardin de l’ex-Mairie d’Aokas, assassiné par les gendarmes à Ouzellaguen lors des événements de 2001. Retour ligne automatique
Etonnée qu’elle ne soit pas encore construite 14 ans après, et exigera qu’elle le soit dans les meilleurs délais.

De Bgayet, Massidida pour tamurt.info

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici