« Quelle école pour nos enfants ? »

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Des pères et des mères sont tout excités à l’idée que leurs enfants puissent voler et inventer. Ils les voyaient très tôt, Pilotes, médecins, ou autre chose qui fera leur fierté. Ils se sont précipités pour tous leurs acheter. Des cahiers variés et des crayons de majesté. Ils ont acheminé toutes leurs économies, et demandé même des crédits. Ils ont tout reporté pour les conduire à l’école et les acclimater dans leurs nouvelles communautés.

Arrivés à l’école, les enfants deviennent élèves. Ils sont censés s’élever au-dessus du tas. Ils devaient apprendre d’abord ce qu’ils ne savaient pas et s’éclairer sur ce qu’ils savaient déjà. On planta des graines de connaissance, dans un jardin vierge et fertile d’enfants innocents, on les arrosa de doute et de curiosité. Ils n’ont encore jamais connu d’école, que celle du cœur de leurs mères et de leurs papas. Ils étaient envahis par leurs jeux et avalaient par leurs enjeux, ils jouaient toujours un franc-jeu, avant de découvrir, dieu.

Un jour, un autre maitre arriva avec un jardin fleuri de foi. Ils le rencontrèrent en classe, dans la rue ou sur les réseaux sociaux. Il sema ses graines de peur, il les assoie et les accroit. Il leurs enseigna ce qu’il ne sait même pas, des dogmes et des âneries que même les adultes ne comprenaient pas. Ils ont appris par cœur ce que le cœur ne supporte pas. Ils avalent des sourates au rythme de leurs inspirations, ils recrachent ainsi leur innocence au rythme de leurs expirations. Ils inspirent des sourates et expirent de l’intelligence. On inspirant, ils avalent de la peur et de l’intolérance, on expirant, ils perdent curiosité et doute, l’essence même de l’intelligence humaine.

Ils leurs disent qu’il faut apprendre « Elddine » en un soupire. Vous n’avez qu’à manger et bon appétit. Un repas de mensonge servit avec un assaisonnement de vérité pour le rendre plus facile à avaler et à digérer. On leurs demande de ne pas réfléchir car des « OULAMAA » ont réfléchi avant vous. Ils leurs expliquent qu’ils auront des bonus (hassanat) en les avalants par cœur. Le cœur a peur mais La peur n’a pas de cœur.

Quant à Ceux qui réfléchissent ou qui n’ont pas d’appétit, dommage, vous allez redoubler. Ils vous demanderont de croire leurs anagogies. Vous hésitez, mais vous avez peur de redoubler, alors vous les apprenez sans rien piger. Sauf, qu’un jour, à force de les répéter, la peur de mourir vous envahis. Sans rien piger, vous finissez par céder.

Le lendemain, quelqu’un qui prétend les avoir compris vous expliquera qu’il ne suffit pas d’éviter l’enfer, il faut mériter le paradis, il vous expliquera les cinq piliers, et vous pratiquerez. Un autre viendra vous expliquer que le paradis, ce sont des grades et des degrés. Pour arriver au sommet il faut tout abandonner et tout abjurer. Il faut laisser pousser la barbe comme une forêt car il faut ressembler au prophète et ses amis. Un troisième se présentera dans votre vie, il vous appellera « mon frère ». Il vous dira que votre vrai frère est un aposta et vous devrez même retourner contre lui votre épée. Vous ne le faites pas du premier coup. Mais le peu de sagesse qui vous a empêché va bientôt être lavé par le quatrième qui se présentera. Il vous lira des passages de son livre ou c’est écrit qu’il faut liquider tout ennemi de dieu en commençant par ses propres démons et ceux de sa mère et son papa , vous tuerez ainsi même vos parents, et vous imagineriez dans les bras des soixante-dix vierges du paradis.

Des milliers d’écoles prolifèrent au milieu des guerres, elles prêchent toutes différemment la vie aux cimetières. Chacune est certaine qu’elle est la seule qui est dans le droit chemin qui conduisit au paradis. En vérité, aucun apprentissage ne résiste à l’oublie des temps qui passe.

On apprend pour oublier mais, même en oubliant ce qu’on a appris, on apprend l’oubli. On apprend partout et tout le temps. En apprenant on se construit. On oubliant on se reconstruit sur d’autres savoirs appris et pas encore oubliés. On change de savoir acquis et ainsi on change la personne qu’on était. Notre vie n’est qu’un éternel apprentissage. Une éternelle école, on apprend et on oublie. On vie en apprenant et on meurt en oubliant. On vie et on meurt. Mais, on apprenant la vie, le doute nous envahit, et la vérité est ravie. L’école du doute est partout. L’école de l’absolue n’est nulle part. Il ne dépond que de nous de choisir. Apprendre à Vivre en oubliant de mourir ou apprendre à mourir et oublier de vivre, telle est le défi de l’école de nos enfants. Leurs apprendre à vivre ou à mourir ? Avec le doute on vit pour ne pas mourir. Avec leurs vérités, on vie pour mourir. Le doute comme « Francis Bacon » disait, est l’école de la vérité. Mais nos écoles, sont devenues celle des divins et des idoles. On les ouvrant on gâche la vie de nos enfants.

Apprenons à nos enfants toutes les thèses et leurs contraires, apprenons leurs, qu’aucune vérité n’est vraie.

Chafaa CHAFAI

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