L’Algérie coloniale se souvient des onze colonels kabyles

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a procédé aujourd’hui  à l’inauguration des stèles érigées le long de la RN12 à la mémoire des onze colonels enfantés par la Kabylie.
Le premier geste inaugural a eu lieu à Tadmaït, où d’ailleurs le ministre algérien a été accueilli par Abdelkader Bouazgui, wali de Tizi-Ouzou. Cette stèle de Tadmaït a été érigée à la mémoire de Krim Belkacem. La seconde halte a eu lieu au niveau de l’échangeur de Sidi-Namaâne. A ce niveau, la stèle frappée du sceau inaugural a été érigée à la mémoire du colonel Amar Ouamarane. L’ordre érectile et  inaugural suivra comme suit : Ali Mellah (Oued-Falli), Slimane Dehiles (Station d’Ath-Douala), Ali Zammoum (Rahahlia), Abane Ramdane (Sikh-Oumeddour),  Amirouche Aït-Hammouda (échangeur de Thala-Amara –  Tizi-Rachid), Saïd Yazourène dit « Vrirouche » (Tamda), Saïd Mohammedi (Taboukert), Idir Aïssat (Chaïb) et Akli-Rezki Mohand Oulhadj (Chaouffa).
Ces stèles, sculptées selon un schéma uniforme, ont été érigées, devons-nous rappeler, tout au long de la RN12, et chacune a été, comme l’attestent ces lieu-dits, érigée indépendamment des autres ; ce qui a suscité le courroux de certains critiques d’art. Selon la vision de ceux-ci, l’idéal aurait été de sculpté chaque personnage avec ses propres traits à partir du buste et les assembler en un seul tronc, c’est-à-dire la partie inférieure. Ensuite, le lieu idoine pour l’érection de l’ensemble de sculpture aurait été un lieu de la capitale du Djurdjura. Et pourquoi ne pas, nous dit-on encore, baptiser ce lieu d’érection « place des Onze Colonels ? ».
Concernant la suite de la mission du ministre algérien Tayeb Zitouni, elle a été traduite par un petit point de presse. Dans ce cadre précis, il y a lieu de noter que le ministre des Moudjahidine ne s’est pas du tout montré prolixe, pour ne pas dire très avare en mots. Néanmoins, les petites déclarations de Tayeb Zitouni valent leur pesant d’or. En effet, après avoir souligné le grand mérite des onze colonels de la Kabylie qu’il a qualifiés de « fierté nationale », le ministre martèlera que l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie doit être écrite par des historiens comme cela se fait sous d’autres cieux.
Quant au débat national portant sur le pardon que doit faire la France à l’Algérie pour le tort qu’elle lui a causé, Tayeb Zitouni a affirmé que « cela viendra ». Quant à l’assassinat des « Historiques de la révolution » après l’indépendance nationale, le ministre des Moudjahidine a préféré ignorer la question. Il a même jugé bon de mettre un terme à ce petit face-à-face avec la presse. Et l’empressement de notre ministre à quitter Tizi-Ouzou pour son bureau d’Alger n’a sûrement pas pour raison « la canicule ». En tout cas, la presse tizi-ouzienne considère que la faiblesse de Tayeb Zitouni est sans aucun doute sa terrible crainte des questions « gênantes ».
Après avoir enterré l’idéal de ces braves colonels de la liberté, l’Algérie fait semblant de les pleurer pour les effacer de la mémoire des Kabyles.
 De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine

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