Le racisme chronique des Arabes algériens envers le Peuple kabyle

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(Contribution Kader DAHDAH) – Depuis l’indépendance de l’Algérie, les Kabyles  souffrent d’un racisme auquel ils se sont habitués progressivement. Ils l’ont tu, ils l’ont supporté par amour pour l’Algérie et pour son unité territoriale.

Déjà en 1962 l’armée des frontières de Ben Bella et Boumediene lors de son entrée du Maroc et de Tunisie a  liquidé des centaines de  combattants de l’ALN en Kabylie. La guerre des Sables d’octobre 1963  opposant le Maroc et  l’Algérie est un conflit militaire, préfabriqué et orchestré par l’Egypte et Ben Bella, plus tard mis à profit du Roi du Maroc et des généraux algériens pour se débarrasser  chacun de son côté des Amazighs qui les gênaient. Ainsi plus de la moitié des soldats kabyles de la wilaya III ont été tous éliminés dans cette guerre qui a fait le bonheur de Ben Bella et de Boumediene.

Pus de la moitié des Kabyles ayant effectués leur service national ont subis ou vécu le racisme de la part de leur supérieur arabe. En effet une dizaine de jeunes de notre région, Aokas, ont rapporté des exactions des vexations invraisemblables. Rien que le fait d’avoir été surpris en train de parler en kabyle était passible de punitions sévéres comme transporter dans la caserne des pierres ou du sable d’un endroit à un autre puis de les remettre au point de départ. D’autres ont été obligés de rester au garde-à-vous pendant de longues heures, au soleil, dans la cour de la caserne. Mais la plus humiliante des punitions est la mise à nu dans la cour de la caserne, à l’extrême sud de Tamanrasset, subie par un appelé  kabyle de la part d’un lieutenant arabe pour avoir déserté pour acheter une pastèque.

La plus triste de ces histoires reste celle dont j’ai été témoin. En 1989.  un jeune Kabyle B. émigré de la région de Lille a fait le service national uniquement pour avoir la possibilité de rentrer librement en Algérie pour pouvoir rendre visite à son grand-père âgé qu’il aime  tant. Il était secrétaire du commandant de groupent du GGF. Mais un jour il reçoit un télégramme lui annonçant le décès de son grand-père, le  commandant du GGF lui a refusé la permission par pur racisme. Nous avons eu toute la penne du monde pour le consoler, il a juré de ne plus remettre les pieds en Algérie après la fin de son service national. À la même époque et dans la même caserne un autre capitaine dans le mess des officiers  a humilié un aspirant (appelé) en lui tenant des propos obscènes sur sa femme.

L’année dernière, un ami s’est rendu au commissariat de Bougie pour porter plainte contre un chauffard qui venait de le percuter en venant dans le sens inverse (interdit). Arrivé à l’intérieur du commissariat, il trouve deux policiers il leur dit AZUL. Le calvaire alors a commencé pour lui il a failli finir en cellule pour  avoir dit AZUL au lieu de salam alikoum.

Dernièrement;  un ami  s’est rendu dans le commissariat de  Ain Taya pour faire une déclaration de perte de sa carte d’identité.  Muni de la photocopie de son ancienne carte il s’est adressé au policier en arabe celui-ci a commencé à rédiger la déclaration. Vers la fin de la procédure, son téléphone  sonna, il a eu le malheur de répondre en kabyle à son appel. Le policier l’ayant regardé bizarrement a changé d’attitude il lui a dit que c’est impossible de faire cette déclaration, car il faudrait qu’il ramène une attestation de la daïra, alors qu’il a la photocopie.

Des histoires du racisme anti-kabyle se multiplient à l’infini. Elles ont encore de beaux jours devant-elles tant que les Kabyles ne prennent pas conscience de leur condition de soumis et ne retroussent pas les manches pour construire leur propre Etat, seul capable de les défendre.

Kader DAHDAH

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