Il poursuit sa campagne pour les caractères arabes
Dourari invite l’académie de langue arabe à se pencher sur tamazight

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Dourari
Dourari

ALGERIE (Tamurt) – Depuis que la nouvelle de la création imminente d’une académie de langue amazighe en Algérie a été rendue publique, Abderrezak Dourari poursuit  ses sorties médiatiques, sans doute, dans le but de plaire au pouvoir afin que ce dernier lui renvoie l’ascenseur  l’intronise à la tête de l’académie amazighe.

En tout cas, en Algérie, un tel choix ne serait pas étonnant du tout. Même quand on sait que Abderrezak Dourari ne s’est jamais intéressé à la langue amazighe, n’a jamais écrit une ligne dans cette langue et pire encore, il ne maitrise même pas cette langue au parler. C’est dire qu’en Algérie, rien n’est impossible et le ridicule ne tue pas. Malgré ce profil indigent dans le domaine amazigh, le pouvoir algérien n’a pas hésité à nommer Dourari comme directeur d’un certain Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight, créé en 2007. Un centre qui ne fait absolument rien de l’avis même de Dourari. Ce dernier, lors de sa dernière sortie médiatique, cette semaine,  propose rien moins que d’associer l’académie de langue arabe au travail que devrait effectuer la future académie de langue amazighe.

Voilà ce que Dourari a déclaré textuellement : « Je préconise que la future académie de la langue amazighe travaille en collaboration avec l’académie de la langue arabe. Les linguistes de l’académie arabe, qui ont déjà capitalisé une expérience et une expertise importante, peuvent aider énormément à mettre en place – méthodologiquement – les instruments de recherche pour la promotion de tamazight. Il y a entre les deux, je pense, un lieu de travail en commun et d’intelligence à exploiter pour avancer loin des tentations d’incompréhension, voire des affrontements stériles qui peuvent subvenir ».

On peut donc bien conclure que si le pouvoir algérien a décidé de conférer le statut de langue officielle à tamazight, c’est bel et bien pour tenter d’enfermer cette dernière dans les serres de la doctrine arabo-baathiste. Car,  transcrire tamazight en caractère arabe, c’est tout simplement l’assassiner. Mais la Kabylie, où tamazight est enseignée en caractères latins depuis 1995, ne se laissera pas faire  d’autant plus que tous les spécialistes de la langue amazighe,  ayant passé toute leur vie à écrire et à étudier tamazight (contrairement à Dourari), observent pour l’instant un silence prudent.

Lyès Medrati

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