Le HCA traduit en tamazight les livres de ministres arabo-baâthistes

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Le HCA traduit en tamazight les livres de ministres arabo-baâthistes
Le HCA traduit en tamazight les livres de ministres arabo-baâthistes

ALGER (Tamurt) – Au lieu de s’occuper des œuvres de Feraoun, Mammeri, Taos Amrouche , etc… le HCA traduit en tamazight les livres de ministres arabo-baâthistes, censés  œuvrer à la promotion, non seulement de la langue amazighe mais aussi et surtout la culture amazighe, le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA), institution budgétivore rattachée directement à la Présidence de la République, semble faire tout le contraire.

En plus du fait que le secrétaire général de cette institution, ne rate aucune occasion pour s’exprimer dans un arabe classique châtié (pour plaire à ses parrains), cette institution, qui consomme des milliards de centimes par année dans les hôtels et la restauration de luxe (sans compter les voyages à l’étranger), vient encore de franchir le Rubicond. En effet, au moment où les enseignants de tamazight, tous cycles confondus, ne cessent de déplorer l’absence de supports pédagogiques pour l’enseignement de tamazight, le HCA propose des traductions en tamazight de livres qui n’apportent absolument rien.

Pis encore, il s’agit de livres écrits non seulement par des ministres du gouvernement algériens, mais certains d’entre eux sont connus pour être des défenseurs acharnés de l’arabo-baâthisme et des opposants, sans vergogne, de l’amazighité sous toutes ses formes. C’est le cas du ministre actuel de la culture Azeddine Mihoubi. Grâce à la bénédiction des responsables du Haut Commissariat à l’Amazighité, l’un des livres de ce dernier a été traduit en tamazight et édité aux frais de la princesse. Il s’agit d’un livre intitulé « Tassilia », lequel déjà en langue arabe est passé complètement inaperçu car Azzedine Mihoubi n’est pas du tout un écrivain confirmé. Mais grâce à ses services rendus au pouvoir algérien, il bénéficie de toute sorte de promotion. C’est ce même Azeddine Mihoubi qui a massacré le projet d’un feuilleton sur l’héroine Fadhma N Soumer il y a quelques années. C’est lui qui a écrit le piètre scénario ayant servi de support pour la réalisation de ce feuilleton tourné par des syriens. Un feuilleton qui montre une Fadhma N Soumer complètement arabisée, à l’instar de tous les autres personnages. En regardant ce feuilleton, on dirait qu’on est au Yémen et non pas en Kabylie.

Les responsables du HCA viennent aussi de traduire les romans, tenez-vous bien, de Ahlam Mostaghanemi, intitulé « Le noir te va si bien » où il n’est pas question de la vie en Kabylie, ni de sa culture ou tradition mais plutôt, de sexe, d’un bout à l’autre, à l’instar de tous les romans de cette écrivaine arabophone qui vit au Moyen-Orient. En traduisant son livre en tamazight, les responsables du  HCA, toute honte bue, rendent ainsi hommage à une romancière qui n’a jamais dit, ne serait-ce qu’un seul mot de soutien à ceux qui se battent pour tamazight.

Un autre roman, écrit par un ministre du pouvoir algérien a aussi fait l’objet d’une honteuse traduction par ce même HCA. Il s’agit de « La nuit du Henné » de Hamid Grine, ministre de la Communication qui est un enfant de Biskra. Et en publiant ce genre de livres, les responsables du HCA n’arrêtent pas de s’énorgueillir que ce genre de travaux visent la promotion de l’amazighité.

Quant aux romans de Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Malek Ouary, Taos Amrouche, Chabane Ouahioune, Tahar Djaout et tous les autres, le HCA juge qu’il ne faut pas qu’ils soient traduits en tamazight. Ce genre de romans risquent d’éveiller encore davantage la conscience du peuple. Ce dernier doit encore dormir. Et pour ce faire, les textes comme ceux de Azeddine Mihoubi et consort, semblent bien appropriés.

Lyès Medrati

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