Tassaft Ouguemoun : Aucun officiel à l’enterrement de l’écrivain Chabane Ouahioune

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Chabane Ouahioune
Chabane Ouahioune

TASSAFT OUGUEMOUN (Tamurt) – L’écrivain-chroniqueur de presse Chabane Ouahioune, décédé lundi dernier, a été enterré hier mercredi, au village Tassaft Ouguemoun, à quarante kilomètres au sud de la ville de Tizi-Ouzou, en présence d’une foule nombreuse mais d’aucun officiel.

En effet, ni les autorités locales, encore moins « nationales » n’ont jugé utile de faire le déplacement à Tassaft pour un  ultime adieu à l’un des derniers écrivains de la génération des anciens auteurs kabyles. C’est de cette manière que se comporte le pouvoir algérien avec les hommes de culture qui n’ont jamais joué le jeu de la compromission, encore moins du reniement. Toutefois, cette défaillance des officiels algériens est à prendre du bon côté puisqu’elle permet ainsi au regretté Chabane Ouahioune de garder sa réputation d’intellectuel libre jusqu’à la dernière seconde sur cette terre.

Ce qui est en revanche étonnant, c’est le fait aussi qu’aucun  directeur de journal n’a daigné assister à l’enterrement de l’écrivain, même ceux des deux quotidiens où a collaboré pendant de longues années Chabane Ouahioune, à savoir Horizons et le Soir. Mais, ceci se comprend quand on sait qu’un grand nombre de journalistes algériens, surtout les chroniqueurs, ont souvent eu des bras de fer avec leurs directeurs qui imposaient la censure à bon nombre de leurs écrits.

Chabane Ouahioune, à la plume trempée dans l’encre de la liberté, a sans doute eu affaire à ce genre de pratiques  révolues sous d’autres cieux, qui ont toujours la peau dure en Algérie. L’enterrement de Chabane Ouahioune s’est donc déroulé au cimetière de Tassaft dans un climat populaire en présence de gens simples comme ceux que côtoyait l’écrivain de son vivant et à l’instar de ses personnages. Adieu Dda Chabane.

Lyès Medrati

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