Grave dérapage de l’écrivain amazigh: Le pouvoir a-t-il acheté Brahim Tazaghart ?

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Brahim Tazaghart lors du colloque La dimension spirituelle dans le patrimoine amazigh avril 2016 Tizi Wezzu

KABYLIE (Tamurt) – Brahim Tazaghart est un écrivain amazigh connu et prolifique. Il est également un militant de la cause amazighe depuis très longtemps. Une réalité qui ne souffre d’aucune équivoque. Mais ces derniers temps, on a du mal à vraiment reconnaître le Brahim Tazaghart que nous connaissions dans le temps. L’écrivain a d’abord commencé à adoucir de plus en plus son langage envers le pouvoir algérien et tout ce qui le symbolise comme l’arabité,  l’islamisme et le baâthisme.

Ensuite,  Brahim Tazaghart n’a pas hésité à mettre sa maison d’édition de livres à la disposition de la langue arabe en traduisant des poèmes arabes, venus tout droit du moyen Orient vers tamazight. Comme quoi les kabyles ont encore besoin des poèmes orientaux pour mieux renier leurs origines. Jusque-là, Brahim Tazaghart pouvait avoir droit au bénéfice du doute car il pouvait encore faire valoir l’argument de l’ouverture d’esprit et de l’universalité. Mais ce qu’il n’a pas hésité à faire ces derniers jours à la maison de la culture « Mouloud-Mammeri » de Tizi-Ouzou ne peut pas passer sous silence et aucun kabyle qui se respecte ne peut rester sans réaction énergique devant la sortie plus que surprenante de Brahim Tazaghart, qui reste malgré tout un écrivain kabyle qui a donné à notre culture une part de richesse incontestable.

En effet, Brahim Tazaghart n’a d’abord pas hésité à prendre part en tant que conférencier au colloque de la honte sur la supposé « dimension spirituelle dans le patrimoine amazigh»  Mais sa participation n’est rien face au fait que le même Brahim Tazaghart n’a pas hésité à mettre de côté sa chère langue amazighe pour s’exprimer fièrement dans un arabe châtié face à des centaines d’imams et d’intégristes présents dans la salle, en plus des opportunistes toutes tendances confondues.

La conférence en question, donnée par Brahim Tazaghart en langue arabe classique, est disponible sur youtube. Il s’agit d’un acte d’une gravité énorme surtout qu’il est clair que le pouvoir a fait exprès de faire coincider la tenue de ce colloque sur « l’islam amazigh » avec l’anniversaire du printemps berbère. Le pouvoir utilise encore des kabyles pour insulter les kabyles et la Kabylie et ce, en direct de Tizi-Ouzou, une ville qui a abrité le coups d’envoi de la majorité des mouvements de protestation amazighs.

Mais l’aventure de Brahim Tazaghart avec le pouvoir ne s’arrête pas là. Il viendra aussi à Tizi-Ouzou le 16 avril pour animer encore une autre conférence à l’occasion, non pas du printemps berbère, mais de la journée du savoir de Abdelhamid Ibn Badis.

Lyès Medrati

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