Transcription de tamazight, la campagne pour les caractères arabes se poursuit

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ALGERIE (Tamurt) – La campagne pour la transcription de la langue amazighe en caractères arabes se poursuit en Algérie. Le pouvoir algérien continue d’actionner tous ses relais afin que ces derniers se prononcent publiquement pour les caractères arabes.

En plus de quelques soi-disant écrivains arabisants, qui se sont découvert la vocation de linguistes en 2016, à l’instar du kabyle baâthiste Mohand Arezki Ferrad, des partis politiques entrent en scène désormais. Hier, samedi, c’est autour d’un parti microscopique, mais très médiatisé néanmoins, le Front pour une Algérie nouvelle de mettre le pied à l’étrier de cette campagne malsaine. Ce parti s’est en effet prononcé en faveur de l’utilisation des caractères de transcription arabes pour la langue amazighe.

On se demande comment ce parti ose prendre position concernant une question qui relève pourtant des seuls scientifiques et des écrivains qui ont pendant longtemps travaillé dans le domaine de la recherche en tamazight à l’instar des universitaires Salem Chaker, Kamel Nait Zerrad, Amar Mezdad, Salem Zenia… On se demande aussi que peut peser l’avis d’un petit parti politique devant le travail de recherche colossal effectué des décennies durant par Mouloud Mammeri ? Mais dans un pays on devient ministre, sans avoir jamais travaillé dans sa vie, il faut s’attendre à tout. Quant à tamazight, cette agitation qui entoure le choix des caractères de transcription, elle prouve si besoin est que la Kabylie est tout à fait une région à part et a ses propres spécificités car en Kabylie, le choix des caractères latins ne souffre d’aucun équivoque.

Et c’est paradoxalement dans cette région et seulement dans cette région que l’enseignement de tamazight est assuré à presque 100 %. Ailleurs, l’enseignement de tamazight est quasiment inexistant. Alors pourquoi débattre d’une question qui ne se pose même pas ?

Tahar Khellaf

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