Dans l’arrière-cour d’El-Mouradia : les clans de l’oligarchie

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EL MOURADIA

Philadelphie USA (Tamurt) – La réalité du jeu politique en Algérie ne se joue pas sur la scène publique mais dans l’arrière-cour du palais d’El-Mouradia et dans les clans qui forment l’entourage immédiat du chef de l’état. Ils sont divisés autour de quelques figures de proue et de personnalités issues du monde économique et les caciques du parti. Cependant, le critère principal d’appartenance repose sur la capacité à intégrer l’entourage présidentiel, qui se fonde lui-même sur des critères familiaux, mais aussi sur l’appartenance aux réseaux des généraux (ex- officiers de l’armée française) et aussi à des réseaux d’affaires qui s’articulent autour de la présidence.

Ces différents clans sont habitués à se disputer depuis plusieurs années la manne que constitue le contrôle de l’Etat. Or, ils se trouvent aujourd’hui dans une situation paradoxale : dans une ambiance de fin de règne, les clans se préoccupent de sauver leurs avantages en assurant la continuité du régime au-delà de la personne du Rais. Pour cela, ils doivent faire taire leurs rivalités et s’entendre sur les modalités de la succession.

Les relations entre l’armée et le clan présidentiel ont cependant été très changeantes ces dernières années. Un certain malaise affecte en effet les cadres militaires, pour deux raisons principales : d’une part, la confiscation par les clans présidentiels et quelques généraux (ex officiers de l’armée française) des canaux d’enrichissement qui passent par l’Etat, d’autre part, la discrimination dont sont victimes certains officiers, souvent formés à l’étranger, qui n’appartiennent pas à la mouvance présidentielle et se voient bloqués dans leur avancement.

Dans un contexte marqué par les conflits de répartition du pouvoir et de la richesse, l’allocation des ressources de l’État permet aux prétoriens d’atteindre un objectif impérieux. C’est dans ce climat malsain et suspicieux que, beaucoup, dans son entourage, commencent à faire profil bas pour ne pas TOUT perdre.

Les clans de l’oligarchie ont investi et verrouillé toutes les institutions de l’Etat : Administration, affaires étrangères, justice, police, presse, patronat, et contrôlaient toutes les institutions et tout ce qui représentait un pouvoir d’envergure était entre leurs mains. Les postes de pouvoir de peu d’importance étaient occupés par des individus qu’eux-mêmes avaient placés. Ils se limitaient à quelques querelles vite étouffées. Les alliances se faisaient et se défaisaient au gré des événements et des conjonctures.

Mais, maintenant que le pétrole se vend au prix bas, que le régime est aux prises avec des revendications sociales et que le navire Algérie a commencé à tanguer, chaque clan a cherché à jeter l’autre par-dessus bord. La guerre étant déclarée. Elle ne manquera pas de se répercuter négativement sur la vie politique, économique et sociale du pays. La déliquescence de l’Etat ne fait que s’aggraver au fil des ans.

Cependant la répression et la corruption ont fait perdre aux élites civiles le sens des réalités dans les luttes politiques. Il est plus que temps pour les politiciens et les journaux de dire la vérité aux algériens afin de mettre un terme à une des plus grandes mystifications de l’histoire politique. Ceux et celles qui se tairont ou cautionneront cette mascarade en porteront la lourde responsabilité devant le peuple.

Rabah Arkam

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