Que cache le soutien de Louisa Hanoun à Rebrab ?

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Louisa Hanoune

ALGÉRIE (Tamurt) – De nombreux observateurs crédules ont été interloqués par la présence de Louisa Hanoun, « la défenseuse des travailleurs algériens » au rassemblement de soutien à l’homme le plus riche d’Algérie Issad Rebrab, lors du procès de l’affaire El Khabar.

Pourtant, la présence de Louisa Hanoun n’est guerre surprenante quand on n’ignore pas qu’elle roule pour le même camps que Issad Rebrab, c’est à dire celui du général Tewfik. Mais sa présence à ce sit-in a toutefois le mérite de confirmer une fois de plus que ce qui motive réellement les hommes politiques fabriqués dans les laboratoires du DRS algérien, n’a aucune relation avec les intérêts du peuple ni avec les idées politiques qu’on retrouve dans leurs discours démagogiques et populistes. Louisa Hanoune, en sa qualité de porte parole d’un parti dit des travailleurs, prend part à un rassemblement de protestation dont le but, tenez-vous bien, consiste à défendre un hommes d’affaires à acheter une entreprise de presse à plus de quatre cent milliards de centimes !

C’est vrai que le ridicule ne tue pas. Au moment où, dans des pays démocratiques, comme la France et les Etats Unis, des actions de protestation sont observées pour que les journaux et tout organe de presse restent la propriété des journalistes afin de sauvegarder la liberté de la presse, en Algérie on assiste au contraire. De même qu’une mobilisation de personnes qui se revendiquent de la démocratie en faveur d’un journal arabophone reste une pilule difficile à avaler. Ces mêmes « démocrates », on ne les a jamais entendus quand il s’agit d’exiger la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès, ni pour dénoncer toutes les exactions que subissent les militants et les sympathisants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, ni quand les journaux écrits en tamazight disparaissent l’un derrière l’autre à l’instar d’Izuran et Tighremt…

Quand il est question d’un journal arabophone, on constate que c’est le branle bas de combat. Une telle mobilisation n’a aucun sens. Le 1 er janvier dernier, des augmentations de plus de 50 pour cent sur tous les produits alimentaires et autres ont été décrétées en Algérie et personne n’a bougé le petit doigt pour dénoncer les mauvais jours qui attendent le peuple algérien.

Tahar Khellaf

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