Le collectif des journalistes de Bougie dénonce le pouvoir d’Alger

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Hamid Grine ministre algérien de la communication

BOUGIE (Tamurt) – Les journalistes de Bougie ont tenu à réagir à la décision du pouvoir d’Alger d’interdire le rachat du journal arabophone « El Khabar » par l’homme d’affaires kabyle Issad Rebrab. Dans une déclaration, ce collectif appelle à un rassemblement de soutien, à leurs confrères menacés de chômage, au niveau de la stèle Saïd Mekbel, pour le mardi 24 du mois courant, c’est-à-dire à la veille de la tenue du procès intenté à l’encontre de la direction du journal par le ministre algérien de la communication. 

« Le pouvoir mène une guerre sans répit contre les espaces d’expression et la presse libre. Il vient d’en faire l’énième démonstration avec ce qui est devenu l’affaire El Khabar. Comme si étouffer financièrement les organes de presse indépendante en vue de les «domestiquer» ne suffisait pas, voilà que la chasse à l’expression libre est repartie de plus belle. Quitte à menacer de chômage des centaines de salariés de ce groupe de presse ».

C’est en ces termes que le collectif des journalistes de Bougie a qualifié, dans sa déclaration, la récente décision du ministre de la communication, Hamid Grine, de s’immiscer dans la transaction de rachat d’El Khabar, alors que ses prérogatives ne lui permettent nullement.

Dans sa traque de la presse indépendante, il est allé jusqu’à inventer le concept de «cercle vertueux», accusant tout organe qui refuse d’en faire partie de vouloir salir l’image du pays, est-il rajouté. Quand on veut se débarrasser de son chien, on l’accuse de rage, concluent les rédacteurs.

En vérité, cette logique mortifère fait partie d’un plan global, celui de museler toutes les voix discordantes au discours officiel et aux orientations unilatérales de l’équipe au pouvoir. Etouffer la presse libre, c’est ôter au peuple ses tribunes d’expression et c’est à l’achèvement de ce sinistre projet que Hamid Grine s’applique assidument. Et au bout, il ne fait aucun doute que c’est le totalitarisme qui est réservé comme avenir pour le pays, où seuls n’auront voix au chapitre une presse aux ordres aspirée dans l’orbite de la soumission et de la médiocrité, des organisations pro-pouvoir et des citoyens dociles et soumis, réduits au statut de sujets du monarque.

Amaynut

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