DE BOUTFLIKA A SELLAL : Faut-il s’étonner quand le « philosophe » applaudit ?

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image Idir et Ait Menguellet

KABYLIE (Tamurt) – La guerre des clans qui ravage l’Algérie s’est éclipsée mardi pour laisser provisoirement place au scandale du jour. Des chanteurs présentés souvent comme étant les plus « grands » que la Kabylie ait enfanté ont encore une fois courbé l’échine devant le pouvoir arabo-islamique d’Alger, responsable de l’assassinat de 126 jeunes kabyles en 2001 sans oublier Matoub et tous les autres enfants de la Kabylie.

Ils ont été des milliers de kabyles dignes à dénoncer sur les réseaux sociaux, le jour même, la présence et les applaudissements nourris offert à Sellal et autres responsables de la faillite algérienne. Ils étaient au moins quatre chanteurs kabyles à prendre part à cette énième offrande à un pouvoir qui nourrit bien les kabyles de service.

Il y a eu d’abord la présence, et sans aucune surprise, de l’ainé des chanteurs opportunistes kabyles, sur lequel l’unanimité ne souffre d’aucune équivoque quand il s’agit de parler de ce chanteur. Il y a eu aussi (encore lui) le « philosophe », dont le seul talent en poésie est le plagiat. Ce dernier a, non seulement, applaudi mais il a aussi déclaré toute sa fierté d’être en face de tous les corrupteurs algériens et de les acclamer. Faut-il vraiment s’étonner de cette énième sortie de ce « philosophe enseigné dans toutes les grandes universités d’Europe et d’Amérique  » ? La réponse est, sans doute, non quand on connaît son CV, riche en chefs d’œuvres, surtout depuis l’arrivée de Bouteflika.

Première performance, historique et inoubliable, du « philosophe » qui n’a jamais écrit aucun livre, ce sont ses applaudissements en 1999 dans la salle Saïd Tazrout de Tizi-Ouzou, quand Bouteflika, intronisé par les généraux en tant que président,   insultait les kabyles en usant de tous les noms d’oiseaux et jurant par tous les dieux que la langue amazighe ne sera jamais officielle en Algérie. Puis quelques temps plus tard, après les massacres perpétrés en Kabylie par le même pouvoir ayant assassiné 126 jeunes innocents en 2001, le grand sage, « consulté par tous les présidents des grandes nations »,  n’a pas hésité à tourner le dos à la Kabylie et prendre part à l’année de l’Algérie en France et un peu tard à Alger capitale de la culture arabe, au festival arabe de la danse populaire de Tizi-Ouzou, à maintes reprises, au festival de Djemila, près de Sétif en solidarité avec le peuple du Liban et la liste est encore longue.

Le même « penseur » n’a jamais participé à une marche pour la revendication identitaire amazighe, ni animé un spectacle de solidarité avec des militants de la cause amazighe. Il est le seul chanteur kabyle à n’avoir pas avoir composé une chanson en hommage à Matoub Lounès après son assassinat. La liste de ce riche CV de ce grand « penseur » de la trempe de Jean Jacques Rousseau et René Descartes est encore très longue. S’étonner alors, de sa présence face à Sellal et autre démons, c’est faire preuve de naïveté. En revanche, la participation de Idir et Takfarinas à la kermesse présidée par Sellal pour… détruire des CD alors qu’il suffit de cliquer sur une touche de clavier pour écouter n’importe quelle chanson, est presqu’une nouveauté qui livrera sans doute ses secrets dans le futur. On ne peut rien cacher au peuple éternellement.

Tahar Khellaf

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