L’oligarchie contre la démocratie

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Saïd et Abdelaziz Bouteflika

ALGERIE (Tamurt) – Le regain sournois du nationalisme factice des ramasseurs du fretin du pouvoir est tinté par des scénarios machiavéliques visant à étouffer la voix de la démocratie. Les affabulateurs invétérés qui pullulent comme des champignons dans une Algérie phagocytée par un pouvoir maléfique s’arrogent le droit de faire le bon et le mauvais temps.

Pour étayer le discours panégyrique à l’égard du président algérien, les génuflecteurs n’en manquent pas de se hisser au rang de gardiens de la morale et du temps Bouteflikien. Les Sellal, Saadani, Ouyahia, Sidi Saïd…et autres détracteurs de la Kabylie semblent tirer des plans sur la comète en tentant vainement de voiler leur échec collégial. Et pour apporter de l’eau au moulin, les quotidiens arabophones Ennahar, Echourouk…ennemis jurés de la Kabylie et de la démocratie, n’ont pas manqué de caresser dans le sens du poil la popularité de celui qu’elle présente comme « l’homme providence ». En effet, la coquille hermétique dans laquelle baignent les noirceurs de papier d’Ennahar et d’Echourouk déversant leur venin sur tout ce qui est kabyle, méprisant au plus haut degré les symboles d’une terre qu’ils n’ont jamais portés dans leurs cœurs.

Et pour boucler la boucle, le gouvernement de Sellal excelle dans l’art du bricolage en procédant dernièrement à un remaniement ministériel. Les têtes changent, mais le système reste le même. Digne représentant d’une république bananière, ce régime n’a pas trouvé mieux que de nommer un Boualem Bessaieh, âgé de 86 ans, comme ministre d’État. C’est évident que le club du troisième âge n’est pas prêt de lâcher du lest, tenant comme à la pupille de leurs yeux à ce pouvoir depuis 1962. Une oligarchie qui n’en finit pas d’affaler le peuple algérien aux entrailles du cataclysme.

Dans cette Algérie unicellulaire, l’oligarchie se fait accompagner de capacités coercitives, faisant usage de la violence pour défendre les biens qu’elle s’approprie, à la fois contre le peuple qu’elle gouverne et contre les oligarques rivaux. Cette oligarchie dirigeante s’est sournoisement créé des institutions de gouvernement collectif pour réduire la menace de luttes intestines entre oligarques, et pour mieux se défendre contre les attaques externes et les révoltes populaires. La question décisive est de savoir jusqu’à quel point l’organe de gouvernement collectif détient le monopole de la violence – ou encore si chaque oligarque, pris individuellement, demeure armé ou non. Dans l’univers de ces oligarques, le seul mot d’ordre est de sauvegarder les intérêts de la confrérie en étouffant les libertés et la démocratie.

Cette Algérie est condamnée par contumace à vivre en léthargie, poursuivant le rythme de ces vieux ministres et de son président  « absent », « cikh l’kanun, ismis yella netsa ulacit » ; « c’est comme l’esprit de l’âtre, son nom existe, mais lui nullement ». Ces cacochymes pharisiens tiennent la dragée haute aux Algériens, contraints à morfondre et à tourner les pouces. La politique en Algérie ressemble étrangement au feuilleton « Les feux de l’amour ».

Amnay

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