Après avoir été lâché par ses maîtres : Amara Benyounes rase les murs de la politique

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ALGERIE (Tamurt) – C’est vraisemblablement le sort de tout kabyle de service. Après Khalida Toumi, c’est au tour d’un certain Amara Benyounes de tomber dans l’anonymat absolu. Même les journaux, qui se faisaient un devoir de faire d’une banale réunion avec un groupuscule de militants du MPA, aussi inconnu qu’un club de foot de quartier, ne l’évoquent même pas, ne serait-ce que de façon laconique.

Amara Benyounes a fini comme tout kabyle de service. Il rase les murs de la politique. Malgré ses appels du pied au clan du Président Bouteflika, comme pour lui demander de lui pardonner d’avoir servi pendant longtemps le Général Mohamed Mediene, dit Tewfik, ses appels sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Désormais, le clan de Bouteflika ne fait plus confiance aux anciens pions de Tewfik, à l’instar de Khalida Toumi, Amar Ghoul et de tant d’autres, notamment les hommes politiques ayant émergé presque simultanément avec la prise des rênes de la sécurité militaire ou DRS par Tewfik, au début des années quatre-vingt-dix.

Le clan de Bouteflika a, en effet, utilisé Amara Benyounes depuis 2004 en l’ayant chargé des sales et basses besognes, comme tout le monde l’aura constaté. Tewfik l’imposait également au clan présidentiel dans le jeu des équilibres des clans, tant connu en Algérie. Mais depuis que le clan présidentiel a réussi à écarter Tewfik, Amara Benyounes devenait encombrant. Amara Benyounes, à l’instar de beaucoup d’hommes de Tewfik, n’a jamais cru que ce dernier pouvait tomber, tant sa puissance dépassait tout entendement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans toutes ses interventions dans le passé bien sûr, Amara Benyounes faisait toujours preuve d’un excès d’assurance et de confiance en soi, un peu comme Saïd Sadi, quand il jurait devant Abassi Madani que le FIS ne prendrait jamais le pouvoir en Algérie.

Il s’agissait, en réalité, de menaces de généraux répercutés par leurs serviteurs. Et quand les généraux partent, les hommes politiques dont ils se servaient ont un sort bien particulier. Car ils deviennent indésirables, aussi bien en haut (chez les décideurs despotiques) que chez le peuple kabyle qui les a classés dans la case rouge des hommes les ayant abandonnés et trahis, pour toujours.Et Amara Benyounes fait partie de cette frange d’hommes politique qui sont, en réalité, des marionnettes entre les mains des généraux.

Tahar Khellaf

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