Le maire d’Illilten en colère contre le wali

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APC ILLILTEN

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le Président de l’assemblée populaire d’Illilten (daira d’Iferhounen), M. Ouramdane Azzoug vient de lancer un cri du cœur suite à ce qu’il qualifie d’abandon, de la part de l’Etat, de la commune qu’il gère. L’édile communal d’Illilten explique, dans sa sortie médiatique, que le wali de Tizi W ezzu, Mohamed Bouderbali, ne veut pas se rendre dans sa commune « parce que la population de cette région vit un problème crucial depuis des années, un problème qui a pris des proportions alarmantes depuis deux ans ». Il s’agit du problème de la répartition de l’eau potable sur les villages.

« Notre commune a joué un rôle prépondérant durant la révolution, elle a perdu près de trente pour cent de ses enfants, elle a été marginalisée, après l’indépendance. Le peu de projets dont elle a bénéficié a été géré de manière chaotique au temps du parti unique ; gestion tribale, politique de deux poids deux mesures, et j’en passe, ce qui a laissé des traces sur la population », déplore le maire d’Illilten. Ce dernier ajoute que, comme les habitants ont toujours eu le sentiment d’être abandonnés par l’Etat, ils ont pris en main leur destinée ; c’est ainsi que les villageois se sont alimentés en eau potable, dans certains cas sans la moindre aide de la part de l’Etat. « Aujourd’hui encore, nous payons les approximations et les errances des responsables successifs. Si le pétrole a fait le malheur des algériens, l’abondance de l’eau a fait le malheur des habitants d’Illilten », ajoute le maire qui précise que la violence, érigée par l’Etat algérien en culture, est devenue le moyen idéal de règlement des conflits. « Notre population est prise en otage par des gens qui prétendent que l’eau est une propriété privée et l’administration brille par son absence », déplore le maire.  Ce dernier s’interroge pourquoi l’Etat refuse d’appliquer la loi à Illilten tant pour la répartition de l’eau potable, cette ressource très chère qui est devenue source de discorde entre citoyens, que pour les oppositions au gaz naturel qui s’éternisent malgré les arrêtés et les décisions de justice : des problèmes que les trois walis successifs ont eu à traiter et qui n’ont pas vu d’issue à ce jour.

Le maire d’Illilten va encore plus loin en s’interrogeant si la commune qu’il dirige fait encore partie de l’Algérie ? Est- ce que le pouvoir cherche un embrasement généralisé entre citoyens d’une même commune ? se demande le même élu. Ce dernier rappelle que cette situation a engendré un énorme retard dans le développement de la commune et ni l’exécutif ni l’assemblée populaire de wilaya ne semblent intéressés par le sort de la population locale. « Ils se contentent de fuites en avant et de charger le maire d’un contentieux historique : il est plus que jamais temps de rétablir l’ordre et d’appliquer la loi sous peine de voir la situation dégénérer, une situation dont le pouvoir seul assumera les conséquences », conclut le premier responsable de la commune d’Illilten.

Tahar Khellaf  

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