Il y a 34 ans, Slimane Azem tirait sa révérence

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Slimane Azem
KABYLIE (Tamurt) – Il avait seulement soixante-quatre ans. Mais il est parti, définitivement. Son décès prématuré a privé les kabyles et la Kabylie de l’une de ses plus belles voix, de l’un de ses plus grands poètes et de l’un de ses plus talentueux compositeurs : Slimane Azem.
Malgré le contexte très difficile de l’époque avec une censure sans égale, Slimane Azem s’est imposé comme le plus grand chanteur kabyle, le plus talentueux et le plus écouté par les kabyles. Ces derniers devaient se démener pour avoir accès à ses chansons, particulièrement avant octobre 1988. Posséder une cassette de Slimane Azem, à l’époque équivalait à un trésor.
A l’instar de tout artiste et poète refusant de courber l’échine aux forts du moments, Slimane Azem était un artiste indésirable en Algérie. Autant il était adulé par ses millions de fans, autant le pouvoir algérien le bannissait. Pourtant, Slimane Azem a restitué le vécu des kabyles de l’époque grâce à sa poésie raffinée et recherchée, soutenue par des compositions musicales succulentes qui inspireront plus tard des géants comme Matoub Lounès et Kamel Messaoudi. Jalousé par les chanteurs de sa génération, l’un d’eux, responsable à la radio kabyle d’Alger ajouta au stylo le nom de Slimane Azem sur la liste des chanteurs indésirables dans ce média audio.
Mais malgré toutes les tentatives du pouvoir algérien et de ses relais kabyles de services, servile et hypocrites, dont des artistes très médiatisés jusqu’au jour d’aujourd’hui, Slimane Azem représente, avec Matoub Lounès, le symbole de l’artiste kabyle libre. C’est pourquoi, en Kabylie, jusqu’à présent, les portraits des deux maitres sont côte à côte un peu partout. Slimane Azem est décédé le 28 janvier 1983 à Moissac, en France.
Lyès Medrati  pour Tamurt

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