Crise de la presse en Algérie : La Dépêche de Kabylie double son prix

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Journal Dépêche de Kabylie

ALGÉRIE (Tamurt) – La crise de la presse en Algérie ne cesse de s’exacerber ces derniers temps. La presse, particulièrement les journaux, constituent, en effet, l’une des victimes collatérales de la chute du prix du pétrole, ayant plongé l’Algérie dans une crise économique ressemblant, à bien des égards, à celle des années 1980. Les journaux algériens ont été, jusque-là, financés, indirectement, par l’Etat par l’intermédiaire de la très puissante Agence nationale d’édition et de Publicité (Anep). C’est cette dernière qui est chargée de répartir la cagnotte publicitaire qui se chiffre à des milliards de dinars, annuellement.

Les journaux les plus dociles et les moins critiques envers le pouvoir étaient les mieux servis et le sont toujours d’ailleurs. Le quotidien La dépêche de Kabylie, faisaient partie de cette catégorie de journaux. Les lecteurs de ce journal régional ont tous été déçus, en 2004, à cause du manque flagrant de professionnalisme dont a fait preuve ce canard en annonçant son soutien à Bouteflika pour un deuxième mandat. Ce n’est pas tant le soutien à Bouteflika qui a le plus déçu les lecteurs mais c’est l’excès de zèle dont faisait preuve ce journal ainsi que son patron Amara Benyounes, qui était à l’époque, patron aussi du parti l’Union démocratique et républicain, devenu plus tard le Mouvement populaire algérien (MPA). Un soutien qui a vraiment profité à ce journal en matière de recettes publicitaires mais qui lui a fait perdre en même temps tous ses meilleurs journalistes et la majorité de ses lecteurs. Pour rappel, quand il avait été lancé en 2002, le quotidien « La dépêche de Kabylie » employait un grand nombre de plumes reconnues à l’instar d’Arezki Metref, Abdelkrim Djaad, Meziane Ourad, Ahmed Halli, Slimane Laouari, etc. Aujourd’hui, il ne reste aucun de ces professionnels de la presse et de tant d’autres plus jeunes journalistes mais talentueux et engagés.

En dépit de cette saignée de la crème des journalistes, La dépêche de Kabylie a continué à être éditée grâce à l’argent de la Pub en contre partie d’une ligne éditoriale insipide, incolore et inodore, sauf quand il s’agit de « soutenir » aveuglément le Président. Avec la crise financière, le journal en question fait face, pour la première fois depuis sa création, à une crise financière sérieuse à cause de la réduction drastique du nombre de pages publicitaires qui lui sont attribuées. Une crise qui a poussé ces jours-ci les gérants de ce journal à augmenter son prix de 100 %. Le prix de la Dépêche de Kabylie vient ainsi de passer de 10 à 20 DA. Rappelons qu’avant la Dépêche de Kabylie, El Watan et Liberté avaient aussi revu à la hausse leur prix de 50 %. Ils coûtent désormais 30 DA. Ce qui a fait baisser leurs ventes de plus de cinquante pour cent en quelques jours.

Tahar Khellaf   

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