Il y a animé une conférence : Ce que Saïd Sadi a oublié de dire à Tizi Ouzou

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Saïd Sadi

TIZI OUZOU (Tamurt) – En tirant à boulets rouges sur le pouvoir algérien, ce vendredi, lors de sa conférence à Tizi-Ouzou, Saïd Sadi a oublié de dire plusieurs choses importantes. A commencer par le fait qu’il fait partie de ce même pouvoir,  qu’il fait mine de vouer aux gémonies, pour une multitude de raisons. Il aurait, d’ailleurs, dû commencer son intervention en définissant d’abord ce qu’il veut dire par pouvoir.

S’il s’agit du Président de la République Abdelaziz Bouteflika, Saïd  Sadi a aussi omis de rappeler devant l’assistance (qui s’en souvient sans doute) son soutien indéfectible au même Bouteflika au lendemain de sa première élection à la tête de l’Algérie, en 1999. Un soutien actif puisque, non seulement, Bouteflika avait été applaudit  par le RCD à l’époque mais ce parti a donné à ce pouvoir, « tant vomis aujourd’hui » par Saïd Sadi, pas moins de trois ministres (Amara Benyounes, Hamid Louanouci et Khalida Toumi). Sans compter le fait que Saïd Sadi, sans occuper aucune fonction officielle à la présidence de la République, avait accompagné plusieurs fois Bouteflika dans des visites officielles à l’étranger. En 1999 aussi, le RCD avait applaudi, soutenu et fait campagne pour la loi sur la concorde civile qui lavait les terroristes islamistes de leurs crimes et massacres et leur accordait un statut privilégié au détriment des victimes qui n’avaient que leurs yeux pour pleurer cette trahison.

On peut encore citer des dizains d’exemples illustrant les accointances du RCD avec le pouvoir comme l’épisode de l’année de la grève du cartable en Kabylie en 1994/1995. En avril 1995, le RCD, sur ordre de Saïd Sadi, avait fêté en grandes pompes la « victoire » du mouvement berbère en qualifiant les accords du 22 avril 1995 d’historiques. Si donc, avec tout ça, Saïd Sadi n’est pas un segment du pouvoir qu’il vilipende, alors, il faudrait qu’ils nous disent dans sa prochaine conférence ce qu’il entend dire quand il parle du pouvoir. Surtout quand on sait que Saïd Sadi habite toujours dans la résidence d’Etat du Club des Pins.

Tahar Khellaf    

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