1er jour de Ramadhan : Journée infernale à Tizi Ouzou

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le marché à Tizi Ouzou

TIZI OUZOU (Tamurt) – Quand on voit la réalité du terrain, le mois de Ramadhan est vraiment très loin d’être celui de la clémence, de la maîtrise de soi et de la tolérance. Hier, tout dans la ville de Tizi-Ouzou montrait qu’on était vraiment en train de vivre dans un véritable enfer.

Et comme il fallait s’y attendre, et alors  que les spécialistes en religion musulmane,  ne cessent de clamer et de ressasser que Ramadhan est une période propice pour réprimer volontairement ses envies, on a constaté hier, une affluence inédite sur les grandes surfaces et sur tous les marchés de fruits et légumes où les prix ont subitement connu des hausses vertigineuses. Dès le milieu de la matinée, les citoyens se bousculaient, avec bien sûr les nerfs à fleur de peau, devant tous les espaces commerciaux. A proximité de ces derniers, il n’y avait même pas d’endroit où stationner sa voiture. De même que des embouteillages monstres s’y sont formés tout au long de la journée. En plus la température qui frisait hier les trente six degrés. Avec une telle chaleur, il n’y avait même pas le moyen de prendre un verre d’eau pour les milliers de citoyens kabyles qui ne sont pas musulmans (les chrétiens, les athées, les déistes, les agnostiques…), en plus des milliers de malades chroniques (les diabétiques, les hypertendus…) qui doivent non seulement manger et boire mais aussi prendre leurs médicaments. Certains doivent s’enfermer dans des toilettes publiques pour prendre leur traitement car un climat de terreur indescriptible règne dans toute l’Algérie contre toute tentative de rompre le jeun.

En Algérie, toute personne qui n’observe pas le carême risque d’être battus à mort. Et on l’a vérifié à maintes reprises. Sans compter les policiers et les gendarmes qui ne cessent de harceler les non-jeûneurs même quand ils sont en train de prendre un sandwich sur une plage déserte ou dans un chantier abandonné. Il ne s’agit que de quelques uns des exemples d’anomalies qui surgissent pendant le mois de Ramadhan et qui rendent la vie infernale tout au long de ces trente jours. Même une partie des jeûneurs déplorent cet état des lieux. Mais il s’agit de vrais musulmans et non pas de fanatiques nés de la dernière pluie.

Tahar Khellaf   

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