Soirées ramadhanèsques à Tizi Ouzou : Les chanteurs kabyles de service à la rescousse

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Maison de la culture Mouloud Mammeri Tizi Ouzou

TIZI OUZOU (Tamurt) – Invités souvent à faire l’éloge des gouvernants, des artistes kabyles sont pris en otage par un pouvoir qui ne cesse de renouveler ses tentatives de manipulation des chanteurs kabyles, en mettant bien sûr le prix. On se souvient tous de l’épisode récent des chanteurs kabyles, assis fièrement à côté de Rabah Driassa, en train d’applaudir, avec jubilation et toute honte bue, Abdelmalek Sellal, l’ex-premier ministre.

Il s’agit d’un épisode parmi tant d’autres. En s’affichant ainsi publiquement à côté des gouvernants, ces chanteurs repartent bien sûr avec les poches pleines. Tout le monde connait cette vérité. D’ailleurs, il y a même des chanteurs qui sont demeurés pendant très longtemps loin des feux de la séduction du pouvoir algérien et qui ont fini par céder en apprenant à quel point leur compte en banque pouvait être renfloué, rien qu’avec quelques applaudissements, deux ou trois déclarations et bien sûr quelques séquences à la télévision d’Etat pour dire tout le bien qu’ils pensaient du pouvoir algérien. Mais malgré cette grande tentation, et fort heureusement, il y a encore des chanteurs kabyles qui restent incorruptibles et refusent de cautionner le pouvoir algérien quelque que soit le prix proposé. Pour en avoir une illustration, il suffit de jeter un coup d’œil sur le programme des soirées de Ramadhan-2017 à la maison de la culture de Tizi-Ouzou, gérée directement par El Hadi Ould Ali, qui a placé « ses femmes » à la tête de toutes les structures de la culture à Tizi-Ouzou à l’instar de la directrice de la maison de la culture et de celle de la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou.

On ne retrouve en grande majorité que les chanteurs qui nous ont habitués à applaudir le pouvoir, le président de la République, Sellal, Azzedine Mihoubi, etc. Ces chanteurs qui ont chanté durant l’année de l’Algérie en France, quand les jeunes kabyles tombaient sous les balles des gendarmes algériens. Ces chanteurs qui on chanté dans l’Année de l’Algérie en France, Alger capitale de la culture arabe, les festivals arabes, le festival de Djemila. Mais qui n’ont jamais pris part à aucune manifestation organisée par les kabyles ni fait une déclaration pour dénoncer la répression du pouvoir ou pour soutenir les kabyles persécutés depuis l’indépendance, en passant par le printemps berbère et tous les autres événements ayant émaillé le combat des kabyles contre l’exclusion de leur langue et culture. Ces chanteurs qui ne sortaient pas de leur trou à l’époque où Matoub Lounès, le Lion de la Kabylie, était encore en vie. Mais c’est connu : quand le chat n’est pas là, les souris dansent…

Tahar Khellaf

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