Nous tenons le pouvoir algérien responsable de toutes ces dérives et nous le dénonçons avec force

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COMMUNIQUE (Tamurt) – Encore une fois, des citoyens et militants pacifiques kabyles sont arrêtés et violemment agressés par la police algérienne depuis une semaine à mainte reprise, et leurs torts cette fois c’est d’organiser un rassemblement commémoratif du 14 juin. Le collectif kabyle pour la défense des droits de l’homme dénonce énergiquement cette violence. L’exercice d’une activité politique dans un cadre pacifique est un droit naturel, nul ne peut s’arroger le droit de le museler.

L’Algérie a le devoir de respecter la déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que tous les textes qu’elle a ratifié et elle est tenue à les protéger. L’État algérien ne fait qu’empirer les choses en poussant des jeunes militants pacifique à la révolte, et l’histoire des mouvements politique nous a appris que la répression féroce n’a jamais solutionné un problème donné, seule le respect des opinions aussi diverses soit-elles et à même de garantir un avenir. Le matin même de ces premières arrestations, le lundi 12 juin, le collectif a organisé un rassemblement pour dénoncer la répression qui s’abat sur le peuple rifain qui revendique son droit d’avoir une existence digne, et nous y voila avec une pratique similaire en Kabylie, une situation qui commence à préparer un climat d’instabilité, ce qui risque de se transformer rapidement en échauffourées générales.

La journée du 14 juin a été une autre preuve inscrite dans l’histoire témoignant de la brutalité des forces de sécurité algérienne. On peut constater un état de siège, vu les moyens de répression mobilisés et la façon dont les militants du MAK-Anavad étaient victime, en l’occurrence Mme Rachida IDER, responsable du mouvement. Des jeunes militants pacifiques, des femmes et une vielle ne sont pas épargné par cette vague de répression. Dans la soirée du 14 juin, à Mekla, la police a essayé de provoquer des militants qui s’appétaient à rendre hommage aux martyrs du printemps noir de 2001. À Larva Nat Yiraten, un rassemblement était prévu à coté de la stèle érigé en hommage des martyrs tombés dans les événements de 2001-2003, la police était au rendez-vous pour réprimer les initiateurs pacifiques. Suite à cela, des émeutes ont éclatées puis amplifiées avec l’arrivée des renforts depuis les régions avoisinantes. Salim Kadem, un des acteurs du mouvement associatif a été victime d’une agression physique et morale alors qu’il était entrain de calmer les foules. La police lui a causé une hémorragie interne dans la tète et des blessures sur son corps.

Nous tenons le pouvoir algérien responsable de toutes ces dérives et nous le dénonçons avec force. Nous appelons les militants politiques à plus de rigueur et plus de prudence, car dans les États habitués à la gestion violente de toutes les affaires quotidiennes de leur société, la répression frise l’excitation chez eux, un État qui relève de la psychiatrie qu’on ne peut dépasser qu’avec intelligence et patience.

Collectif MKDDH:
Slimane KADI
Yacine DRISSI
Syfax SEKLI
Mouloud HAMRANI
Lazhar BESSADI

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