Après les galas de Zedek et Oulahlou : Le maire de Boudjima interpellé par la gendarmerie

12
Oulahlou en scène

KABYLIE (Tamurt) – Après la tenue des deux galas de Zedek Mouloud et Oulahlou, au chef-lieu de Boudjima (dans la wilaya de Tizi Ouzou), la gendarmerie a interpellé le maire de cette localité, a-t-on appris de sources concordantes.

Les raisons de cette interpellation ont trait au fait que les deux artistes suscités n’ont pas fait que chanter mais « ils ont fait de la politique ». C’est du moins le peu de détails ayant filtré concernant cette affaire car c’en est une. On croit savoir même que les organisateurs de ces deux spectacles, qui sont programmés dans le cadre des soirées de ramadan, ont été contactés la veille de leur tenue, par les gendarmes les ayant averti que les deux chanteurs concernés devraient se limiter à chanter mais à « ne pas dépasser les limites et à s’abstenir de faire de la politique sur scène ». Ne pouvant pas aller jusqu’à interdire ces deux spectacles au cœur même de la Kabylie, le pouvoir a eu recours aux intimidations, une pratique exécrable dont il excelle. Sinon, en quoi un gala artistique susciterait une telle réaction ?

Ce qui dérange lors des galas de Zedek Mouloud et Oulahlou, c’est le fait que ces spectacles se transforment vite en de véritables tribunes pour l’expression libre où des milliers de spectateurs en profitent pour crier leur ras-le-bol d’être gouvernés par ce pouvoir. Lors des mêmes galas, les présents profitent aussi pour scander les fameux slogans hostiles au pouvoir comme « Pouvoir assassin ! ». Les textes directs et engagés d’Oulahlou ne sont pas, non plus, en odeur de sainteté du pouvoir algérien, qui préfère plutôt les chanteurs de service  dont la majorité des chansons sont faites de textes insultant les kabyles.

Tahar Khellaf pour Tamurt

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici