Abane et Krim ignoraient Tamazight au congrès de la Soummam

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congrès de la Soummam

ALGÉRIE (Tamurt) – Aucune référence à Tamazight n’a été faite par les congressistes de la Soummam, le 20 août  1956, à Bougie. Pourtant cette rencontre, appelée l’acte fondateur de l’Etat Algérien par les historiens, a été organisée et présidée par des kabyles et en plein cœur de la Kabylie.

« L’omission volontaire » de faire au moins allusion à l’identité Amazighe du peuple Algérien est une concession de taille pour les dirigeants kabyles. L’erreur était fatale. La Kabylie paye les conséquences de cette bévue politique jusqu’à ce jour. Krim et Abane, qui pouvaient faire tout ce qu’il voulaient à l’époque mais ne voulaient pas certainement froisser « Benbella  » et les arabisants qui n’avaient aucun poids durant la guerre, hormis le soutien de Djamel Abdenacer. Même lors de la déclaration du premier novembre 1954, Tamazight a, aussi, été complètement bannie. Pourtant un courant Berbériste existait déjà dans les rangs de l’ALN.  A l’indépendance, à laquelle Abane n’a pas survécu, Krim avait prononcé son premier discours au stade de Belcourt à Alger, une heure durant, en langue kabyle. Même lors et après les accords d’Evian, il n’a jamais prononcé un mot en langue arabe. Il s’adressait aux journalistes qu’en langue Française. Beaucoup estiment aujourd’hui que Krim voulait rectifier le tir et l’esprit de Berbérisme commençait à germer dans son esprit. Les kabyles  parlent  peu de ces erreurs, pourtant c’est une réalité. Tamazight a été ignorée par les chefs historiques kabyles, comme Aït Ahmed aussi. Ils sont tous responsable aux yeux de l’histoire. Mais, quand même, il faut juste rappeler que le congrès de la Soummam a divisé l’Algérie en six départements.

Un système de décentralisation qui était efficace durant la guerre de libération. En d’autres termes, l’autonomie des régions devait permettre à la Kabylie de rétablir sa langue et son identité si le même système l’avait été préservé comme modèle de gestion politique après 1962. La primauté du civil sur le militaire était aussi l’une des décisions phares du congrès de la Soummam. Si cette décision avait été appliquée, Boumediène n’aurait eu aucun poste de responsabilité après l’indépendance….confisquée bien sûr.

Ravah Amokrane 

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