Pourquoi l’Académie de Tamazight n’a pas été créée ?

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KABYLIE (Tamurt) – Le pouvoir algérien et ses relais s’agitent, ces derniers jours, dans tous les sens pour tenter, en vain d’ailleurs,  de rassurer les kabyles que la langue Tamazight est sérieusement prise en charge et que l’Etat s’est engagé dans cette direction surtout avec le statut de « langue officielle » accordé à Tamazight en 2016 dans la constitution algérienne.

Le secrétaire général du HCA, El Hachemi Assad ainsi que El Hadi Ould Ali, etc, sont tous chargés par le pouvoir pour répercuter la version rassurante comme quoi Tamazight n’est pas exclue en dépit du refus des députés algériens de voter en faveur de l’article de la loi de Finances 2018 inhérent à la promotion de la langue amazighe en vue de la généralisation de son enseignement. Il est évident que le discours prôné par les représentants du pouvoir algérien contraste foncièrement avec la réalité du terrain.

Promise depuis des années, notamment par Bouteflika, lors de sa campagne électorale de 2004, l’Académie de promotion de la langue amazighe n’a jamais vu le jour. Pourtant, avec l’amendement constitutionnel de 2016, il était écrit noir sur blanc, dans la même constitution, que la décision d’officialiser Tamazight allait, sur place, être suivie de la création d’une académie. Cette décision ne s’est jamais concrétisée en fin de compte. On n’en parle d’ailleurs plus. Et aucune réaction officielle n’est enregistrée jusque-là de la part de la présidence de la République algérienne quant au refus des députés de voter pour la promotion de Tamazight ni concernant le fait que l’Académie tant promise n’a jamais vu le jour.

Or, de l’avis de tous les chercheurs, universitaires et scientifiques, rien de sérieux ne peut être entrepris dans le sens de la promotion scientifique de la langue Tamazight en l’absence d’une Académie.  Pour preuve, 22 ans après l’introduction de Tamazight dans les écoles, son enseignement reste aléatoire. Les caractères de transcription de la langue n’ont pas encore été tranchés. Le ministère de l’éducation nationale propose des manuels scolaires  avec les trois transcriptions (latine, tifinaghe et arabe), ce qui est anti-pédagogique. La variante à enseigner aussi pose problème sans oublier, les difficultés inhérentes aux néologismes etc…En plus du fait, et la c’est une honte, l’enseignement de Tamazight n’est pas obligatoire !). Cette inertie des pouvoirs publics à prendre en charge ces aspects de la question n’a qu’un seul but, faire échouer l’expérience de l’enseignement de Tamazight. C’est pourquoi l’Académie de langue Amazighe n’a pas été créée.

Tahar Khellaf

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