Karim Younès : un ancien ministre sous Bouteflika pour conduire la transition !

Karim Younès
Karim Younès

ALGERIE (TAMURT) – Comme nous n’avons eu de cesse de l’annoncer et de le prédire depuis plusieurs semaines, la montagne de la révolution algérienne du 22 février dernier a accouché d’une souris. Celui qui conduira la période de transition et le dialogue qui va avec n’est autre que Karim Younès, un cadre du FLN depuis toujours qui avait été « élu » député de Bgayet sous les couleurs du l’ex-parti unique.

Les promesses du pouvoir actuel que la suite qui sera donnée à la révolution du 22 février 2019 serait faite d’un véritable changement et s’effectuerait sans les personnalités ayant été impliquées, de près ou de loin, dans la gestion catastrophique de Abdelaziz Bouteflika, n’est en fin de compte que de la poudre aux yeux. La preuve a été donné ce jeudi avec l’annonce officielle de la désignation de Karim Younès à la tête du comité qui prendra en main la gestion de cette période de transition. Karim Younès est donc le chef d’orchestre du pouvoir actuel en Algérie. Mais qui est-il ?

On commencera d’abord par une information capitale : Abdelaziz Bouteflika, dès son « élection » comme président en 1999, a désigné Karim Younès comme ministre de la Formation professionnelle jusqu’à 2002. Puis, en 2002, le clan de Bouteflika l’a encore imposé comme président de l’APN (Assemblée Populaire Nationale-APN). Ce n’est qu’en 2004 que le divorce est consommé entre Karim Younès et Abdelaziz Bouteflika parce que le premier avait choisi de soutenir un autre homme du même pouvoir, le candidat de l’armée (clan de Mohamed Lamari à l’époque) à savoir Ali Benflis. Après la déroute de Ali Benflis, Karim Younès ayant compris que Bouteflika ne pouvait plus lui pardonner cette haute trahison, Karim Younès s’est converti en « écrivain ». Depuis 2004, Karim Younès n’a jamais fait aucune déclaration politique publique pour ne pas s’attirer les foudres de Bouteflika mais aussi et sans doute dans l’espoir d’être rappelé aux affaires car sachant pertinemment qu’en politique, il n’y a jamais d’ennemis éternels. Mais Bouteflika et Said ne lui ont jamais fait appel. Par ailleurs, et avant de devenir ministre, Karim Younès a eu le parcours « exemplaire » des hommes du système algérien ayant évolué en permanence et fidèlement dans le sillage du FLN et de ses satellites.

Il a commencé ses premiers pas dans « El kechafa el islamia » ou Scouts musulmans puis à l’UNJA (Union générale des Jeunes Algériens du FLN), une organisation satellitaire du parti qui a ruiné l’Algérie. Et maintenant, le même Karim Younès revient pour sauver l’Algérie. Un peu de sérieux quand même, messieurs les décideurs, ne serait-ce qu’en guise de respect aux centaines de milliers de martyrs qui ont arraché chèrement l’indépendance du pays.

Tarik Haddouche