Gaid-Salah est beaucoup plus médiatisé que Bensalah

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Gaid Salah
Gaid Salah

ALGERIE (TAMURT) – Ahmed Gaid-Salah, chef d’état-major de l’armée algérienne et vice-ministre de la Défense nationale est beaucoup plus médiatisé qu’Abdelkader Bensalah, président de l’état par intérim. C’est le cas par exemple en ce vendredi 9 août qui coïncide avec la 25ème marche depuis le 22 février dernier. Gaid-Salah a occupé le devant de la scène de la majorité écrasante des médias à commencer par la chaine de télévision publique, l’ENTV.

Ainsi, les journaux télévisés de 20 heures ont fait l’impasse totale sur les dizaines de marches ayant drainé des centaines de milliers de manifestantes et de manifestants alors que pendant de longues minutes, les journalistes des chaines de télévision algérienne se sont longuement étalés sur la dernière activité du chef d’état major de l’armée algérienne et ses discours concernant la position de l’armée par rapport au plan de sortie de crise. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les chaines de télévision algérienne, privées et publiques, qui sont très influentes ans les régions arabophones, consacrent des plages horaires très consistantes à Gaid-Salah. En plus de ce constat, il faut préciser aussi que quand ces médias évoquent les fameuses marches du vendredi ou d’autres activités, toutes les scènes filmées où les manifestants s’en prennent à Gaid-Salah sont systématiquement supprimées.

Il n’y a que trois chaines de télévision, établies d’ailleurs en Europe, qui évoquent les manifestants qui critiquent la démarche et l’attitude de Gaid-Salah. Il en est de même pour la majorité écrasante des journaux où Gaid-Salah est une personnalité nationale intouchable et incritiquable. Cette attitude subjective de la part de la presse algérienne a d’ailleurs provoqué la colère des manifestants, lesquels par dizaines de milliers ont scandé, ce vendredi 9 août, des slogans hostiles à la presse algérienne à l’instar de : « Ya sahafa, ya chiyatine ! ».

Bien sûr aucun des médias incriminés n’osera rapporter des images où les manifestants déplorent et dénoncent le manque d’objectivité et de professionnalisme de la presse algérienne. Mais cette dernière a-t-elle vraiment le choix quand on voit le nombre de journaux électroniques interdits d’accès en Algérie ? Quant à Abdelkader Bensalah, non seulement il ne fait l’objet d’aucune médiatisation particulière, mais la presse n’hésite pas à le descendre en flamme sans aucune crainte puisque le centre décision est loin d’être entre ses mains. Cette réalité, tout le monde la connait en Algérie.

Tarik Haddouche

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