Amara Benyounès en prison : quel avenir pour le MPA ?

Amara Benyounès
Amara Benyounès

ALGERIE (TAMURT) – Après l’emprisonnement de Amara Benyounès, secrétaire général du parti du Mouvement Populaire Algérien (MPA), les observateurs s’interrogent quel avenir pourrait avoir ce parti politique dépourvu de toute assise militante et populaire ? Si le RND et le FLN n’ont pas tardé à tourner les pages de Ahmed Ouyahia et de Djamel Ould Abbès (également en prison) en choisissant de nouveaux chefs, c’est loin d’être le cas pour le MPA.

En effet, depuis la création de ce parti par Amara Benyounès, qui avait quitté le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) après avoir opté en faveur du clan de Bouteflika (au lieu de celui de Tewfik auquel appartenait le RCD) et ce, en 2004, Amara Benyounès a dirigé d’une main de fer et en solo ce parti. Aucune figure politique qui pouvait lui faire de l’ombre n’était tolérée dans la direction nationale du parti. Amara Benyounès qui a été un très bon disciple de son « maitre » Said Sadi a copié les mêmes méthodes que ce dernier. C’était le chef unique et suprême de son parti. La seule exception qui était un tant soit peu tolérée était celle de la présence et des quelques pouvoirs conférés à son frère Idir Benyounès, journaliste et directeur du journal « La dépêche de Kabylie ».

D’ailleurs, la majorité des « cadres » du MPA avait quitté ce parti pour cette raison. Certains ex-membres de la direction du MPA n’avait pas hésité à qualifier cette formation politique de parti familial. Cette méthode a fait que le MPA est allé sur les traces du RCD et a connu le même sort que ce dernier. C’est-à-dire : un parti qui se réduit à la seule personnalité de son chef. Avec l’arrestation de Amara Benyounès, le MPA sera-t-il dissous où le pouvoir actuel le récupérera-t-il pour en faire un autre appendice dont il se servira comme l’avait fait Abdelaziz et Said Bouteflika pendant presque vingt ans ? On le saura bientôt.

Tarik Haddouche