63 ans après le Congrès de la Soummam : C’est un général qui dirige l’Algérie

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Congrès de la Soummam
Congrès de la Soummam

ALGERIE (TAMURT) – Aujourd’hui, plusieurs régions d’Algérie commémoreront le 63ème anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam, qui a eu lieu le 20 août 1956 à Ifri- Ouzellagen, près de Bgayet. Mais que diront les différents intervenants ? Oseront-t-il déplorer et dénoncer que 63 ans après, l’une des résolutions majeures de ce Congrès historique et déterminant n’est pas appliquée.

Il s’agit, bien entendu, de la suprématie du civile sur le militaire. En effet, cet aspect des résolutions du Congrès de la Soummam n’a jamais été appliqué ni avant l’indépendance, c’est à dire entre 1956 et 1962, ni après l’indépendance. On assiste aujourd’hui à une prise de pouvoir explicite par l’Armée algérienne où tous les observateurs présentent l’actuel chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaid-Salah, comme étant le véritable « président » et décideur en Algérie après l’éjection de tout le clan de Abdelaziz Bouteflika qui voulait se maintenir au pouvoir en présentant un mort-vivant pour un cinquième mandat. L’Armée algérienne à toujours du mal à remettre les clés à un pouvoir civil qui aura à diriger le pays de manière démocratique comme cela avait été vivement recommandé par les résolutions du Congrès de la Soummam.

Le pays peine même à organiser des élections libres et indépendantes sans pour autant mettre en péril l’avenir de la Nation. La seule fois où des élections réellement démocratiques et libres ont eu lieu dans le pays, c’était à la fin de l’année 1991. Suite à ces élections législatives avortées, le pays avait failli sombrer et devenir une république islamique suite à la victoire écrasante arrachée par le parti intégriste, le Front Islamique du Salut. N’eut été l’intervention de l’Armée algérienne, on aurait sans doute conjugué au passé toute une Nation. Mais l’Armée algérienne a souvent été critiquée à cause de sa persistance à s’immiscer voire à être l’artisan principal de toute action et décision politique. D’ailleurs, l’arrêt du processus électoral ne fait pas l’unanimité et d’aucuns avait dénoncé l’intervention de l’Armée à l’époque pour empêcher le FIS de s’emparer du pouvoir à commencer par Hocine Ait Ahmed qui avait plaidé longuement pour la poursuite du processus électorale malgré la victoire du parti de Abassi Madani et de Ali Belhadj.

Il y a eu même des personnalités dont Hocine Ait Ahmed faisait partie également qui ont poussé les accusations envers l’armée algérienne jusqu’à la rendre responsable de certaines tueries commises dans le pays dans les années 90 avec le fameux slogan cher aux partis politiques dits renonciateurs à savoir : « qui tue qui ? ». Certains observateurs, beaucoup plus avisés, avertissent toutefois que compte de la fragilité des institutions et des partis politiques en Algérie, le retrait de l’Armée de la scène politique algérienne conduira inéluctablement à l’effondrement de l’Etat. C’est pourquoi, la suprématie du civil sur le militaire dans le pays n’est, sans doute, pas pour demain, ni pour après-demain.

Tarik Haddouche

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