Mokrane Ait Larbi : « Exhiber le drapeau amazigh n’est pas interdit par la loi »

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Drapeau amazigh-Tamurt
Drapeau amazigh-Tamurt

KABYLIE (TAMURT) – Le célèbre avocat et homme politique Mokrane Ait Larbi a indiqué, hier, que la loi algérienne est « avec la libération des prisonniers d’opinion ». Mokrane Ait Larbi, ancien numéro deux du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) a rappelé que le drapeau amazigh est un symbole de la culture et de l’identité amazigh ancienne et moderne et ne peut entrer dans un conflit ou une concurrence avec le drapeau national, « symbole de la souveraineté nationale ».

Pour Mokrane Ait Larbi, la souveraineté nationale « fait partie des éléments de l’identité algérienne que l’état est censé protéger, comme le prévoit le préambule de la constitution ». En outre, l’ex-directeur de campagne du candidat Ali Ghediri (actuellement incarcéré à la prison d’El Harrach) a précisé que les Algériens et Algériennes ont levé le drapeau national et le drapeau amazigh dans toutes les villes algériennes avec fierté. « Au cours de sa marche vers la nouvelle Algérie, le peuple a montré l’Algérie des droits, des libertés, de la justice et de l’égalité, son unité, sa solidarité et sa volonté d’édifier un ordre démocratique. La loi n’érige pas en infraction la levée du drapeau amazigh », avertit Mokrane Ait Larbi. Ce dernier explique que l’article 160 de la Constitution dispose que « les sanctions pénales sont soumises au principe de la légalité et de la personnalité ». Et, l’article premier du code pénal dispose :  » aucune infraction, aucune sanction ou mesure de sécurité ne peut être contraire à la loi.

 » Malgré ces textes clairs, des dizaines de jeunes ont été emprisonnés pour avoir levé ou même simplement été en possession du drapeau amazigh, déplore le même homme politique. « Face à l’absence de l’élément légitime de suivi, ils ont été accusés de « atteinte à l’intégrité de l’unité nationale », en vertu de l’article 79 du code pénal. L’article 79 renvoie aux articles 77 et 78 du code pénal qui prévoient une agression dont l’objet est de porter atteinte à l’unité du territoire national. Où est l’agression, où est l’objet criminel et où est atteinte à l’unité nationale du territoire ? », élucide en outre Mokrane Ait Larbi qui ajoute qu’aucun homme de droit qui se respecte, qu’il soit avocat, juge ou professeur, ne peut prouver, conformément aux règles de suivi pénal, que la levée du drapeau amazigh est interdit par la loi.

« Lorsqu’il a accueilli le groupe de dialogue, le chef de l’état a déclaré qu’il serait demandé à la justice d’examiner la solution juridique à la libération des détenus. Des solutions juridiques existent. Dans les mêmes faits et les mêmes chefs d’accusation, le tribunal d’Annaba a prononcé un jugement d’innocence conformément à la loi. Les juges d’instruction peuvent ordonner automatiquement ou à la demande de la défense ou du parquet d’ordonner la poursuite de l’action en cas d’infraction », explique encore Ait Larbi qui conclut en soulignant : « Tous les accusés peuvent être immédiatement renvoyés devant le tribunal qui, conformément à la classe du tribunal d’Annaba, statue sur l’innocence du fait que la levée du drapeau amazigh n’est pas interdit par loi ».

Tarik Haddouche

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