Une présidentielle à Bgayet et Tizi Ouzou est une mission impossible

présidentielles en Algérie
présidentielles en Algérie

KABYLIE (TAMURT) – Organiser une élection présidentielle dans les régions de Bgayet et Tizi Ouzou dans le contexte et les conditions extrêmement défavorables, actuellement de mise en Kabylie, est quasiment impossible. Même dans trois voire six mois, tenir un tel événement relève tout simplement de l’utopie.

Les raisons sont multiples. Plus que partout dans le reste de l’Algérie, la colère citoyenne est à son summum en Kabylie. On en veut pour preuve le regain spectaculaire des actions de protestation de rue depuis trois jours au moins trois jours aussi bien dans la wilaya de Bgayet qu’à Tizi Ouzou. A Tizi Ouzou, et après un retrait ayant durée plusieurs mois, les travailleurs des mairies ont réinvesti la rue hier mercredi 18 septembre alors que les enseignants des cycles secondaire et moyen ont renoué avec les grèves puisqu’hier également, ils ont observé un piquet de grève de deux heures en attendant l’organisation de grèves de plus longues durée si le pouvoir persiste à maintenir la date de l’élection présidentielle pour la journée du jeudi 12 décembre.

Le nombre d’étudiants ayant manifesté dans les rues de la vile de Tizi Ouzou mardi dernier et à Bgayet a également et spectaculairement augmenté passant de milliers de marcheurs à des dizaines de milliers de manifestantes et de manifestants. Demain, on s’attend à ce qu’il y ait une hausse sensible du nombre de manifestant qui vont battre le pavée à Tizi Ouzou et à Bgayet dans le cadre des marches du vendredi en cours, chaque semaine, depuis le 22 février dernier. A Bgayet, de nombreuses marches ont eu lieu hier mercredi dans de nombreuses villes de la wilaya dont Seddouk et Tazmalt. Dans la ville de Tigzirt, les citoyens descendront aujourd’hui dans les rues pour manifester à leur tour. Des communiqués rendus publics par de nombreuses corporations professionnelles de Bgayet et Tizi Ouzou annoncent clairement et résolument leur refus de superviser ou d’organiser une quelconque élection présidentielle avec les gouvernants actuels qui ne sont autres que la réincarnation et l’incarnation du système Bouteflika.

Dans un tel contexte extrêmement tendu et délétère, peut-on vraiment entamer la première marche vers la présidentielle qu’est la collecte des signatures pour les candidats potentiels ? Peut-on organiser des meetings électoraux et tout autre évènement inhérent à une telle élection ? Il est évident qu’une entreprise pareille ne peut guère être concrétisée et le pouvoir algérien est sans doute le premier à ne pas ignorer une telle réalité avérée. Dans ce cas donc, à quoi joue le pouvoir ?

Tarik Haddouche