Brahim Tazaghart à Gaid Salah : « Il faut arrêter de s’abriter derrière le clan Tewfik-Bouteflika… »

Brahim Tazaghart
Brahim Tazaghart

KABYLIE (TAMURT) – L’écrivain, éditeur et militant de longue date du Mouvement Culturel Berbère (MCB), Brahim Tazaghart a réagi hier aux derniers rebondissements politiques de la scène algérienne qui continue son chemin vers une véritable et inévitable impasse. Brahim Tazaghart, qui est en outre un analyste politique avisé, adresse aussi un massage clair au général Ahmed Gaid- Salah, vice-ministre de la Défense nationale et Chef d’état-major de l’armée algérienne (ANP).

Brahim Tazaghart souligne d’emblée : « Le message du peuple est clair et sans ambiguïté aucune : nous voulons le changement du système pour renforcer et sécuriser un État garant des droits et des libertés. » Pour cette raison, ajoute Brahim Tazaghart en s’adressant à Gaid Salah, détenteur du pouvoir réel en Algérie actuellement : « il faut cesser de s’abriter derrière le spectre du retour du clan Toufik – Bouteflika pour prolonger indéfiniment la vie du système qui les a sécrété ». Il est temps, explique Brahim Tazaghart, de mettre sur la table les dossiers de conspiration contre le pays s’ils existent vraiment et arrêter de les utiliser comme des cartes de chantage et un justificatif pour maintenir le statuquo ! « Le moment est crucial, c’est du destin du pays qu’il s’agit.

Les calculs tactiques doivent laisser place à l’ambition d’une Algérie forte et juste. Celui qui, par son entêtement ou ses calculs malsains provoquera l’affrontement entre le peuple et son armée sera condamné éternellement par Dieu et les hommes, avertit l’écrivain kabylophone. Et d’ajouter, dans le même sillage : « Le recours à la force au lieu de l’écoute est une menace sur l’avenir de la nation. L’ANP doit continuer à protéger le peuple et le Hirak. Elle doit le protéger d’elle-même aussi, de son impatience et lassitude.

Tant que la violence n’est pas installée, aucune goutte de sang n’a été versée, le changement pacifique et inclusif vers la nouvelle république est encore possible ». Brahim Tazaghart, en fin observateur et analyste de la scène politique algérienne, conclut : « Il faut oser la solution politique, assise sur l’égalité entre tous les acteurs et les citoyens ».

Tarik Haddouche