Algérie : Tebboune, futur Président de la République ?

Ouyahia et Tebboune
Ouyahia et Tebboune

ALGERIE (TAMURT) – Le pouvoir algérien semble décidé et déterminé à aller au bout de sa logique antipopulaire et les choses sérieuses semblent aussi avoir commencé : Abdelmadjid Tebboune, ancien ministre et ancien Premier ministre sous Abdelaziz Bouteflika, a retiré jeudi les formulaires nécessaires pour se porter candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019.

Tous les médias proches du pouvoir ont surmédiatisé la sortie de l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune et ont traité l’information lui inhérente avec beaucoup d’importance. Pour sa part Ali Benflis, également ancien Premier ministre sous Bouteflika, a été pris de panique dès l’annonce de la candidature d’Abdelmadjid Tebboune. Plus encore, il n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur Tebboune en le traitant tout simplement d’un suppôt de Bouteflika. Et si Tebboune venait à devenir président de la république, ceci signifierait tout simplement un cinquième mandat de Bouteflika avec un nouveau visage, a estimé Ali Benflis le jour même de l’annonce de la candidature de Tebboune jeudi.

Jusqu’à l’ultime minute, Ali Benflis n’a pas cessé de tenter de séduire l’armée algérienne pour que cette dernière jette son dévolu sur lui en le cautionnant pour la future présidentielle. Plusieurs observateurs ont d’ailleurs pensé qu’Ali Benflis allait être le candidat de l’armée, celui donc qui sera « élu » inéluctablement. Jusqu’à ce qu’Abdelmadjid Tebboune fasse son apparition de manière officielle. Ce qui fausse complètement les calculs d’Ali Benflis qui se trouverait ainsi et très probablement dans la posture de lièvre pour la troisième fois après la présidentielle de 2004, où il avait été parrainé par le général Mohamed Lamari et tout son clan et en 2014. Les médias proches du pouvoir plus particulièrement les chaines de télévision privées, en abordant, l’entrée en lice d’Abdelmadjid Tebboune, ont qualifié ce dernier de « grand candidat ». Ce qui confirme en grande partie cette hypothèse.

Pour sa part, Gaid-Salah a réitéré, ce jeudi, la détermination du pouvoir à maintenir l’élection du 12 décembre prochain quoi qu’il en soit. On se demande donc sérieusement quelle sera la suite des événements. A commencer par la réaction de la rue aujourd’hui, le 32ème vendredi de marche depuis le 22 février.

Tarik Haddouche