Le RCD soutient Bouteflika en 1999 puis la « révolution » en 2019

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Le président du RCD Mohcine Belabbas
Le président du RCD Mohcine Belabbas

ALGERIE (TAMURT) – Le RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) est un parti politique très connu pour sa versatilité et l’absence de constance dans sa démarche et ce, depuis sa création dans le bureau du général Larbi Belkheir avant même la promulgation de loi qui devait permettre aux formations politiques d’être créées. Un parti auquel ses instigateurs avait assigné un objectif principal : briser le FFS et diviser la Kabylie.

Depuis qu’il avait fait un coup au MCB lors de la première grandiose marche historique du MCB le 25 janvier 1990, le RCD n’a pas cessé de changer de fusil d’épaule au gré des injonctions de ses parrains et en déroutant même ses propres partisans qui ont fini, dans leur grande majorité, par divorcer avec lui. Personne ne peut oublier l’appel lancé par le RCD au lendemain de celui fait par le MCB en janvier 1990, pour une grandiose marche à Alger afin d’exiger du pouvoir de reconnaitre la langue et culture amazighes. D’ailleurs, cette affaire a même été le thème d’une partie de l’album « Regard sur l’histoire d’un pays damné » de Matoub Lounès, sorti juste après. Mais là n’est pas notre propos. Il s’agit plutôt de rappeler l’attitude du RCD par rapport à Bouteflika Abdelaziz.

La position du RCD à la veille de la tenue de l’élection présidentielle d’avril 1999 qui allait voir Bouteflika devenir président de la République a été on ne peut plus claire : « boycottons la dernière fraude du siècle ». Une campagne de dénigrement digne d’un parti d’opposition radical a caractérisé la démarche du RCD avant l’élection de Bouteflika. Puis, après l’intronisation de ce dernier, le RCD a subitement et « courageusement » retourné la veste. Il soutient de manière indéfectible et active Abdelaziz Bouteflika, il participe au gouvernement et fait une grande campagne en faveur de la concorde civile qui lave les terroristes islamistes de tous leurs crimes faisant d’eux presque des héros de la Nation. Puis, quelques temps plus tard (encore !), le même RCD abandonne le même Bouteflika en devenant l’un de ses farouches opposants ! Le hic, c’est qu’à chaque fois, les responsables du RCD trouvent toujours le « courage » nécessaire pour affronter ses sympathisants et ceux qui lui tendent de temps à autre l’oreille pour plaider sa cause et se donner raison sans avoir froid aux yeux.

C’est donc tout naturellement et sans surprise aussi qu’au début de ce qu’on appelle la Révolution du 22 février 2019, le RCD, ou ce qui en reste (car depuis 1999, ce parti a connu plusieurs saignées et une véritable désertion même de la part de ses membres fondateurs dont il ne reste plus aucun dans la direction du parti), campe le jeu d’un parti engagé corps et âme dans le « hirak ». Cette absence de constance et de ligne de conduite cohérente dans les rangs du RCD trouve une partie de son explication dans le fait que la majorité des observateurs ont fini par confirmer qu’il s’agit d’un parti qui roulait et qui roule pour des clans du pouvoir. Même les éléments clés de ce parti l’ont confirmé ou l’ont insinué en des termes à peine voilés à l’instar de Mokrane Ait Larbi, Ferhat Mehenni et Nordine Ait Hamouda, dernièrement, pour ne citer que ceux-là. Quant à la « révolution » du 22 février 2019, le RCD est le premier à savoir qu’il s’agit bel et bien d’une guerre de clan. Sans plus.

Tarik Haddouche

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